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Le manuel d'écriture de JT007 

LES METHODES CREATIVES
Doctor NO

| Bien écrire | Les mots pour le dire | | Boite à outil| |Précis de linguistique 

 

1. Les obstacles

Ecrire est un acte complexe qui comprend quatre étapes essentielles.La difficulté d'écrire se manifeste souvent dès la première étape, celle de l'invention.Obstacle initial à surmonter ..............
La première étape de l'acte d'écrire se résume à une question : "quoi dire ?" C'est aussi le premier obstacle rencontré: "qu'est-ce que je peux dire ?" "je ne sais pas quoi dire". La source de nos idées résidant dans notre imagination, nous en déduisons facilement que nous n'en avons pas ou peu. Ou bien le contraire. Nous n'arrivons pas à canaliser toutes nos idées : par quoi commencer ? "quoi dire en premier ?"

Lorsqu'il s'agit d'exprimer nos idées par écrit, nous nous censurons facilement. "Est-ce logique? raisonnable? convenable?" sont les questions que nous nous posons immédiatement. Nous mettons ainsi "la charrue avant les boeufs" : cela s'appelle l'autocensure. C'est une des raisons du "blocage" face à l'écriture. On reste "sec". C'est la fameuse angoisse devant la page blanche.

Dépasser les inhibitions : La créativité, "ça ne se commande pas", dit-on.
Nous sommes pourtant tous potentiellement "créatifs" et notre créativité peut être favorisée par certaines méthodes qui nous aident à dépasser nos inhibitions. Ces méthodes font appel : soit à l'imagination "dé-bridée" soit à des "recettes" facilitant l'invention.
Elles permettent aussi de "dé-mythifier" l'acte d'écrire.
 

ASSOCIATIONS DE MOTS

Principe :
Cette méthode s'appuie sur la technique des associations (libres) de mots. Les mots (ou groupes de mots) sont notés au fur et à mesure, isolés et dispersés sur une grande feuille, sans aucun lien syntaxique.

EXERCICE : DESSINER UNE CONSTELLATION DE MOTS
1. Choisissez un mot (ou un sujet)
Ex. journaliste / satellite / fracture sociale / etc.
2. Ecrivez le mot clé au centre de la feuille et entourez-le.
3. Concentrez-vous sur ce mot et noter tous les mots (ou groupe de mots) qui vous passent par la tête.
4. Inscrivez tous ces mots ou groupes de mots qui surgissent sur la feuille et encerclez-les
5. Si vous "bloquez", reconcentrez-vous sur le mot clé ou sur un mot satellite et continuez tant que la page n'est pas remplie.

EXERCICE : CLASSER LES MOTS DE LA CONSTELLATION
Vous avez dessiné une constellation de mots qui représente une matière première par rapport au mot de départ. Analysez cet ensemble, essayez d'y mettre de l'ordre. Trouver des sous-ensembles.

A partir des sous-ensembles dégagés par les stagiaires montrer qu'on peut se donner des règles plus rigoureuses.
1. On peut répartir les associations de mots en catégories :
les cinq sens / la forme et la couleur / etc.
2. On peut associer les mots en fonction de rapports logiques :
- ressemblance : synonymes, genre proche / différence spécifique
- opposition : antonymes
- relation de proximité : partie / tout , particulier / général
- relation de cause à effet
- croissance ou décroissance

Le brainstorming
traduction littérale "tempête" (storm) de "cerveau" (brain) -
trad. fr. "remue-méninges
Principe : résoudre des problèmes (gestion, technique) ou favoriser la créativité (publicité) par le jaillissement d'idées au sein d'un groupe - plus on est de "fous", plus on a d'idées.

Règle du jeu : un animateur dirige les opérations en faisant respecter les règles du jeu et un "secrétaire" note toutes les idées exprimées sur un "paper board" pour que tout le monde puisse les avoir sous les yeux pendant toute la durée de l'exercice.
Au bout d'un temps (fixé au préalable), on s'arrête et on trie les idées - les plus intéressantes sont retenues.

- Variante : le groupe est debout autour du tableau ; chacun est muni d'un marqueur et écrit ce qu'il veut quand il veut.
 
 
 

L'écriture automatique

Pour l'écriture (comme pour bien d'autres choses), le problème c'est souvent le "commencement". On peut le résoudre en se mettant en situation de "ne jamais commencer". Comment ?

"Le secret pour commencer, c'est de ne pas commencer! Je veux dire ne pas commencer par le commencement. Commencez au milieu. Commencez à la fin. Mais commencez." ("Comment écrire" de Stephen Leackock)

La solution : "parler avec le stylo", c'est-à-dire écrire vite et sans s'arrêter. Il vaut mieux écrire vite et se corriger ensuite. Cela nécessite un exercice régulier que prônait les surréalistes : l'écriture automatique.

La dérive créative

Principes
Tout le monde imite tout le monde. Ainsi, un écrivain est généralement un grand lecteur. Il existe un mythe tenace : la vision romantique de l'auteur "habité" par l'inspiration, faisant oeuvre de création absolue (ex-nihilo). Au contraire, il faut voir l'écrivain comme un ouvrier spécialisé, un OS de la langue qui travaille à la chaîne! Cette chaîne, c'est celle des textes déjà produits dans laquelle s'inscrit le texte nouveau (inter-textualité).

Il faut donc se débarrasser de deux idées fausses :
- un texte part de rien
- c'est pas beau de copier

Quatre dérives principales

1. le plagiat : ce n'est pas très bien vu, et pourtant tous les écrivains sont des plagiaires à des degrés divers. "Le plagiat est nécessaire, le progrès l'implique", a fort justement écrit Lautréamont qui affirmait également : "la poésie doit être faite par tous".

2. le pastiche : c'est un genre littéraire qui associe l'hommage et l'irrespect du pasticheur à l'égard du pastiché. Ecrire "à la manière de" est un excellent exercice. Car, pour imiter le style d'un maître, il faut avoir compris les procédés.
"Avoir compris, c'est savoir refaire" (Gaston Bachelard)
Ex.

3. la parodie : c'est un autre genre littéraire qui consiste à imiter jusqu'à la caricature ou au grotesque dans l'intention de ridiculiser.
Ex.

4. le détournement : procédé employé systématiquement par Lautréamont (dans "Poésies" sur la base des maximes de Pascal et de Vauvenargues) et qui s'est répandu depuis Mai 68. On détourne presque comme on respire aujourd'hui.

- Paul Valéry affirmait qu'en renversant les "Pensées" de Pascal, elles devenaient véritablement profondes.
("Le silence éternel des espaces infinis m'effraie" devient
"Le vacarme intermittent des petits coins me rassure." )
- En Mai 68, il a fleuri sous forme de "slogans" ("Tout le pouvoir à l'imagination"/ "Consommez-plus, vous vivrez moins" / "A bas le sommaire, vive l'éphémère")
- C'est devenu aujourd'hui un procédé courant dans la publicité, la presse (titres)...
Ex.

Il s'agit d'une déformation (ou d'un simple renversement) destinée à "faire dire autre chose" à l'original (proverbe, citation, texte etc.). J. Prévert détourne même une prière quand il écrit :
"Notre père qui êtes aux cieux restez-y..."

Le détournement ne concerne pas que le langage. On a détourné des peintures (La Joconde/LHOOQ), des films ("What's up Lily Tiger" de Woody Allen), des BD ("Tarzan, la honte de la jungle", des affiches politiques ou publicitaires...
Ex.

Mangez des pommes / Mangez des bombes / Un Ricard/Un Rocard, sinon rien /"A l'humour à la mort" / "Unijambistes, Lourdes vous fera une belle jambe" / "Il faut qu'une dame soit ouverte ou fermée" / "Femme bien arrosée, bonne journée"/ etc.

La dérive avec contraintes arbitraires
"Les contraintes exquises", disait Paul Valéry. Un groupe de recherche de littérature expérimentale baptisé "Oulipo" (Ouvroir de littérature potentielle) a multiplié ce type de "dérives".
Ex. la méthode "S + n" : remplacer chaque substantif d'un texte par le énième qui suit dans un dictionnaire. Appliquée à la Genèse, voilà un résultat possible :
Georges Pérec a écrit un roman ("La disparition") sans que la lettre "e" (la plus fréquente en français) apparaisse une seule fois.
On peut donc se fixer les contraintes les plus arbitraires.
Ex. partir d'une première phrase donnée / d'un mot clé / d'un titre / en utilisant au maximum une lettre (à l'inverse de Pérec) ou un son / écrire en acrostiche / calligramme / inventer des proverbes, des citations / etc.

Quelques autres dérives
- Retoucher un texte (travail de rewriting, de révision)
- Prolonger un texte (ajouter une suite)
- Adapter / traduire un texte
- Découpage et collage

Le questionnement créatif

"Le savant n'est pas celui qui fournit les bonnes réponses ; c'est celui qui pose les bonnes questions." (Lévi-Strauss)

Qui ne (se) pose jamais de questions ?
Il commence avec le harcelant "pourquoi" des enfants
on cherche souvent "le pourquoi" et "le comment"
on se demande souvent : "de quoi s'agit-il ?", "de quoi est-il question ?"
On se pose fréquemment des questions plus simples :
qui / quand / où ?

De l'art de (se) poser les bonnes questions (et bien les poser)
- grille journalistique : QQQOCP (Qui/Quoi/Quand/Où/Comment/Pourquoi)
- les cinq W américains (Who/What/Where/When/Why)
Quelles sont les plus pertinentes ?
Les questions essentielles : qui/quoi/pourquoi/comment ?
Deux questions "subsidiaires" : où/quand ? (le temps et l'espace, dimensions essentielles de tout événement, permettent sa localisation)
 
 

B. CHOISIR UNE METHODE

Afin de choisir une méthodes qui vous convient, il faut que vous connaissiez vos préférences cérébrales.

Connaître ses préférences cérébrales

Il existe une opposition (ou une complémentarité) entre le cerveau droit et le cerveau gauche : une "dissymétrie fonctionnelle".
Les deux hémisphères spécialisés collaborent plus ou moins efficacement. L'idéal est de les faire travailler "en équipe" pour obtenir la fameuse "synergie".

Chez le droitier (chez le gaucher c'est l'inverse) :
L'hémisphère gauche (qui correspond à la main droite) fonctionne de manière analytique : il décompose, il classe, il ordonne, il organise "logiquement", quantitativement, intellectuellement. Il commande le langage, la logique, le raisonnement, le calcul chiffré.
L'hémisphère droit fonctionne de manière synthétique : il saisit des configurations globales, opère "analogiquement", symboliquement, qualitativement. Il commande l'intuition, l'émotion, le sens artistique, la musique et la reconnaissance des formes.
F
S'évaluer

Sherlock Holmes ou le commissaire Maigret ?
 

En fonction de ses préférences, chacun peut choisir une ou plusieurs méthodes à sa convenance.
 
 

A. ETAPES DE L'ECRITURE


INVENTION
Trouver des idées ou des arguments
MISE EN FORME
Faire un plan : organiser les idées ou les arguments
REDACTION
Choisir les mots, tourner les phrases, établir des paragraphes
PRESENTATION
Typographie et mise en page
 
 

B. CAUSES DE LA DIFFICULTE D'ECRIRE


CHANGER DE VITESSE
- pensée / écriture (nous pensons beaucoup plus vite
que nous n'écrivons).
AUTOCENSURE
- prédominance de la rigueur (contrôle) sur l'imagination (source des idées)
CANALISER SA PENSEE
- pensée foisonnante / écriture linéaire (quoi dire ? quoi dire en premier ?)
APPREHENSIONS
- peur de (mal) s'exprimer
- peur d'être lu (et jugé)
 
 

L'INVENTION (comment trouver ses idées)


CONFIGURATION SPATIALE
- noter au fur et à mesure des mots dispersés sur une feuille sous forme de constellation
- associations libres des mots qui vous passent par la tête
- associations par relations logiques (opposition/ ressem-blance / proximité /cause /etc.
BRAINSTORMING
- plus on est, plus on a d'idées
- se remuer les méninges à plusieurs pour trouver des idées
- noter toutes les idées qui sont émises par le groupe
- interdiction de (se) critiquer
- ne rejeter aucune idée
- les idées sont à tout le monde
DERIVES CREATIVES
- trouver un modèle, étudier son style d'écriture et l'imiter
- copier / pasticher / parodier / détourner
- écrire avec des contraintes : partir d'une première phrase / d'un mot clé / d'un titre
- écrire des (faux) proverbes / fausses citations / acrostiches / calligrammes / haïkus ECRITURE AUTOMATIQUE
- s'installer confortablement devant une feuille blanche
- commencer à écrire sans
sujet préconçu
- écrire vite sans réfléchir à ce qu'on écrit
- écrire sans raturer ni revenir en arrière (au fil de la plume)
- écrire sans se soucier de la ponctuation
 
 

ASSOCIATIONS DE MOTS


Grâce aux association de mots, vous pouvez trouver un grand nombre d'autres mots :

1. soit de manière spontanée et intuitive par associations libres (tout ce qui vous passe par la tête) ;

2. soit de façon rigoureuse et systématique
en utilisant les dictionnaires (de langue, analogique, de synonymes, d'antonymes) ou des encyclopédies.
 
 

BRAINSTORMING


Consignes
1. Tout le monde a droit à la parole à tout moment.
2. Il est interdit de critiquer les idées des autres
(ou les siennes)
3. Toutes les idées émises sont admises, même les plus farfelues.
4. Il est non seulement permis mais vivement recommandé de s'approprier les idées des autres.
 
 


NAISSANCE DU JOURNALISME


Au commendataire, le diffamateur créa les cierges et le terreau. Le terreau était informe et vide ; il y avait des ténias au surgélateur de l'abjection, et l'esquif du diffamateur se mouvait au-dessus des eaux-de-vie. Le diffamateur dit : Que le lumignon soit ! Et le lumignon fut. Le diffamateur vit que le lumignon était bon ; et le diffamateur sépara le lumignon d'avec les ténias. Le diffamateur appela le lumignon journal, et il appela les ténias nullards. Ainsi, il y eut une soirée et il y eut un mâtin. Ce fut le premier journalisme. »
 
 
 
 

LA GENESE

Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre.
La terre était informe et vide ; il y avait des ténèbres à la surface de l'abîme, et l'esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux. Dieu dit : Que la lumière soit ! Et la lumière fut. Dieu vit que la lumière était bonne ; et Dieu sépara la lumière d'avec les ténèbres. Dieu appela la lumière jour, et il appela les ténèbres nuits. Ainsi, il y eut un soir et il y eut un matin : ce fut le premier jour.»
 
 

DU BON USAGE DE L'IMITATION
 1. Imitez vos auteurs préférés
 2. Imitez des textes originaux
 3. Choisissez un extrait précis

4. Etudiez bien les procédés de l'auteur
AMELIORER SA LECTURE





La connaissance du processus de lecture et des critères de lisibilité est indispensable pour quiconque participe à l'élaboration d'un objet imprimé.

A. LE PROCESSUS DE LECTURE

Comment lit-on ?
Historiquement, on peut distinguer trois types de lecture correspondant à trois périodes historiques :
- un stade de pénurie / lecture orale avant Gutenberg
- un stade de production industrielle / lecture visuelle intégrale après Gutenberg
- un stade d'abondance / lecture sélective ou partielle à l'heure du multimédia (hypertexte).
Commentaires

Lecture intégrale
La vitesse de lecture
- Lecture orale (9000 mots à l'heure)
- Lecture visuelle (de 15 000 à 100 000 mots à l'heure)
un lecteur lent déchiffre 15 000 mots à l'heure / un lecteur moyen, 36 000 mots / un lecteur rapide jusqu'à 100 000 mots

Quand on pense à lecture intégrale, on pense à lecture mot à mot, et même syllabe après syllabe pour les débutants : par ex. l'enfant qui apprend à lire (et qui souvent ne comprend pas bien ce qu'il a lu).
Ce n'est pas tout à fait ça.

Le mouvement de l'oeil en lecture visuelle intégrale
Le cheminement visuel d'un lecteur occidental va de gauche à droite et de haut en bas en suivant les lignes. Mais le mouvement n'est pas continu.

- il est saccadé : un temps de fixation d'un quart à un tiers de seconde est suivi d'un temps de passage d'un quarantième de seconde à une autre fixation.

- la différence entre un lecteur lent et un lecteur rapide ne résulte pas de la durée du temps de fixation mais de la perception de davantage de signe à chaque fixation (5 lettres pour l'un, soit un mot en moyenne ; plus de 10 lettres pour l'autre, soit au moins deux mots)

L'unité du processus de lecture n'est pas la lettre (ou la syllabe) mais le mot (ou le groupe de mots).
Encore faut-il "retenir" pour comprendre ce qu'on lit. Un premier niveau de mémoire (à court terme) stocke puis évacue entre dix et vingt mots en quelques secondes, ce qui permet de dégager le sens d'une phrase. Ce sens est ensuite transmis à un second niveau de mémoire (à long terme) pour être conservé plus longtemps.
Cf. "La mécanique des deux mémoires"

Lecture sélective

La lecture sélective (ou partielle) est une tactique plus efficace que la lecture intégrale. Le lecteur articule ses séquences de lecture en fonction de ses besoins d'information. On parle aussi de "lecture de consultation" (ou de lecture périphérique) par opposition à la "lecture continue".
Elle permet de saisir l'ensemble avant d'entrer dans les détails,
de trouver l'idée principale, d'aller chercher une information déterminée.

Les techniques de lecture sélective :

- l'analyse globale préalable
L'utilisation des nomenclatures :

Règles de l'écrémage :

Lecture anticipée

B. LECTURE DE LA PRESSE

AMELIORER SA VITESSE DE LECTURE

CRITERES DE LISIBILITE DE LA PRESSE
A. LES LISIBILITES

 

Lisibilité globale

 

Cette lecture apporte :

Lisibilité continue

 


A. LES METHODES CREATIVES

ASSOCIATIONS DE MOTS
  L'écriture automatique
B. CHOISIR UNE METHODE
L'INVENTION (comment trouver ses idées)


AMELIORER SA LECTURE

A. LE PROCESSUS DE LECTURE

Lecture intégrale

Les techniques de lecture sélective :
 B. LECTURE DE LA PRESSE
 Le processus de lecture d'un journal est donc spécifique.


AMELIORER SA VITESSE DE LECTURE

- Devenir un superlecteur
Le lecteur expérimenté adapte sa vitesse de lecture sélective en fonction de la difficulté ou de l'intérêt du texte. Son oeil n'est plus soumis à l'enchaînement linéaire, son champ d'action c'est la page dans laquelle il navigue avec flexibilité (hypertexte). Il est devenu une "formidable machine à absorber l'information", un "superlecteur".

Les méthodes de lecture rapide ne manquent pas. Les moyens d'améliorer sa vitesse de lecture sont multiples (Cf. "Méthode de lecture rapide" de François Richaudeau chez Marabout).


CRITERES DE LISIBILITE DE LA PRESSE
A. LES LISIBILITES
 

Lisibilité globale
Lisibilité discontinue
Faciliter la lecture par l'habillage de l'information
Lisibilité continue
 
 

A. LES METHODES CREATIVES

1. Les obstacles

Ecrire est un acte complexe qui comprend quatre étapes essentielles.La difficulté d'écrire se manifeste souvent dès la première étape, celle de l'invention.Obstacle initial à surmonter ..............
La première étape de l'acte d'écrire se résume à une question : "quoi dire ?" C'est aussi le premier obstacle rencontré: "qu'est-ce que je peux dire ?" "je ne sais pas quoi dire". La source de nos idées résidant dans notre imagination, nous en déduisons facilement que nous n'en avons pas ou peu. Ou bien le contraire. Nous n'arrivons pas à canaliser toutes nos idées : par quoi commencer ? "quoi dire en premier ?"

Lorsqu'il s'agit d'exprimer nos idées par écrit, nous nous censurons facilement. "Est-ce logique? raisonnable? convenable?" sont les questions que nous nous posons immédiatement. Nous mettons ainsi "la charrue avant les boeufs" : cela s'appelle l'autocensure. C'est une des raisons du "blocage" face à l'écriture. On reste "sec". C'est la fameuse angoisse devant la page blanche.

Dépasser les inhibitions : La créativité, "ça ne se commande pas", dit-on.
Nous sommes pourtant tous potentiellement "créatifs" et notre créativité peut être favorisée par certaines méthodes qui nous aident à dépasser nos inhibitions. Ces méthodes font appel : soit à l'imagination "dé-bridée" soit à des "recettes" facilitant l'invention.
Elles permettent aussi de "dé-mythifier" l'acte d'écrire.
 

ASSOCIATIONS DE MOTS

Principe :
Cette méthode s'appuie sur la technique des associations (libres) de mots. Les mots (ou groupes de mots) sont notés au fur et à mesure, isolés et dispersés sur une grande feuille, sans aucun lien syntaxique.

EXERCICE : DESSINER UNE CONSTELLATION DE MOTS
1. Choisissez un mot (ou un sujet)
Ex. journaliste / satellite / fracture sociale / etc.
2. Ecrivez le mot clé au centre de la feuille et entourez-le.
3. Concentrez-vous sur ce mot et noter tous les mots (ou groupe de mots) qui vous passent par la tête.
4. Inscrivez tous ces mots ou groupes de mots qui surgissent sur la feuille et encerclez-les
5. Si vous "bloquez", reconcentrez-vous sur le mot clé ou sur un mot satellite et continuez tant que la page n'est pas remplie.

EXERCICE : CLASSER LES MOTS DE LA CONSTELLATION
Vous avez dessiné une constellation de mots qui représente une matière première par rapport au mot de départ. Analysez cet ensemble, essayez d'y mettre de l'ordre. Trouver des sous-ensembles.

A partir des sous-ensembles dégagés par les stagiaires montrer qu'on peut se donner des règles plus rigoureuses.
1. On peut répartir les associations de mots en catégories :
les cinq sens / la forme et la couleur / etc.
2. On peut associer les mots en fonction de rapports logiques :
- ressemblance : synonymes, genre proche / différence spécifique
- opposition : antonymes
- relation de proximité : partie / tout , particulier / général
- relation de cause à effet
- croissance ou décroissance

Le brainstorming
traduction littérale "tempête" (storm) de "cerveau" (brain) -
trad. fr. "remue-méninges
Principe : résoudre des problèmes (gestion, technique) ou favoriser la créativité (publicité) par le jaillissement d'idées au sein d'un groupe - plus on est de "fous", plus on a d'idées.

Règle du jeu : un animateur dirige les opérations en faisant respecter les règles du jeu et un "secrétaire" note toutes les idées exprimées sur un "paper board" pour que tout le monde puisse les avoir sous les yeux pendant toute la durée de l'exercice.
Au bout d'un temps (fixé au préalable), on s'arrête et on trie les idées - les plus intéressantes sont retenues.

- Variante : le groupe est debout autour du tableau ; chacun est muni d'un marqueur et écrit ce qu'il veut quand il veut.
 
 
 

L'écriture automatique

Pour l'écriture (comme pour bien d'autres choses), le problème c'est souvent le "commencement". On peut le résoudre en se mettant en situation de "ne jamais commencer". Comment ?

"Le secret pour commencer, c'est de ne pas commencer! Je veux dire ne pas commencer par le commencement. Commencez au milieu. Commencez à la fin. Mais commencez." ("Comment écrire" de Stephen Leackock)

La solution : "parler avec le stylo", c'est-à-dire écrire vite et sans s'arrêter. Il vaut mieux écrire vite et se corriger ensuite. Cela nécessite un exercice régulier que prônait les surréalistes : l'écriture automatique.

La dérive créative

Principes
Tout le monde imite tout le monde. Ainsi, un écrivain est généralement un grand lecteur. Il existe un mythe tenace : la vision romantique de l'auteur "habité" par l'inspiration, faisant oeuvre de création absolue (ex-nihilo). Au contraire, il faut voir l'écrivain comme un ouvrier spécialisé, un OS de la langue qui travaille à la chaîne! Cette chaîne, c'est celle des textes déjà produits dans laquelle s'inscrit le texte nouveau (inter-textualité).

Il faut donc se débarrasser de deux idées fausses :
- un texte part de rien
- c'est pas beau de copier

Quatre dérives principales

1. le plagiat : ce n'est pas très bien vu, et pourtant tous les écrivains sont des plagiaires à des degrés divers. "Le plagiat est nécessaire, le progrès l'implique", a fort justement écrit Lautréamont qui affirmait également : "la poésie doit être faite par tous".

2. le pastiche : c'est un genre littéraire qui associe l'hommage et l'irrespect du pasticheur à l'égard du pastiché. Ecrire "à la manière de" est un excellent exercice. Car, pour imiter le style d'un maître, il faut avoir compris les procédés.
"Avoir compris, c'est savoir refaire" (Gaston Bachelard)
Ex.

3. la parodie : c'est un autre genre littéraire qui consiste à imiter jusqu'à la caricature ou au grotesque dans l'intention de ridiculiser.
Ex.

4. le détournement : procédé employé systématiquement par Lautréamont (dans "Poésies" sur la base des maximes de Pascal et de Vauvenargues) et qui s'est répandu depuis Mai 68. On détourne presque comme on respire aujourd'hui.

- Paul Valéry affirmait qu'en renversant les "Pensées" de Pascal, elles devenaient véritablement profondes.
("Le silence éternel des espaces infinis m'effraie" devient
"Le vacarme intermittent des petits coins me rassure." )
- En Mai 68, il a fleuri sous forme de "slogans" ("Tout le pouvoir à l'imagination"/ "Consommez-plus, vous vivrez moins" / "A bas le sommaire, vive l'éphémère")
- C'est devenu aujourd'hui un procédé courant dans la publicité, la presse (titres)...
Ex.

Il s'agit d'une déformation (ou d'un simple renversement) destinée à "faire dire autre chose" à l'original (proverbe, citation, texte etc.). J. Prévert détourne même une prière quand il écrit :
"Notre père qui êtes aux cieux restez-y..."

Le détournement ne concerne pas que le langage. On a détourné des peintures (La Joconde/LHOOQ), des films ("What's up Lily Tiger" de Woody Allen), des BD ("Tarzan, la honte de la jungle", des affiches politiques ou publicitaires...
Ex.

Mangez des pommes / Mangez des bombes / Un Ricard/Un Rocard, sinon rien /"A l'humour à la mort" / "Unijambistes, Lourdes vous fera une belle jambe" / "Il faut qu'une dame soit ouverte ou fermée" / "Femme bien arrosée, bonne journée"/ etc.

La dérive avec contraintes arbitraires
"Les contraintes exquises", disait Paul Valéry. Un groupe de recherche de littérature expérimentale baptisé "Oulipo" (Ouvroir de littérature potentielle) a multiplié ce type de "dérives".
Ex. la méthode "S + n" : remplacer chaque substantif d'un texte par le énième qui suit dans un dictionnaire. Appliquée à la Genèse, voilà un résultat possible :
Georges Pérec a écrit un roman ("La disparition") sans que la lettre "e" (la plus fréquente en français) apparaisse une seule fois.
On peut donc se fixer les contraintes les plus arbitraires.
Ex. partir d'une première phrase donnée / d'un mot clé / d'un titre / en utilisant au maximum une lettre (à l'inverse de Pérec) ou un son / écrire en acrostiche / calligramme / inventer des proverbes, des citations / etc.

Quelques autres dérives
- Retoucher un texte (travail de rewriting, de révision)
- Prolonger un texte (ajouter une suite)
- Adapter / traduire un texte
- Découpage et collage

Le questionnement créatif

"Le savant n'est pas celui qui fournit les bonnes réponses ; c'est celui qui pose les bonnes questions." (Lévi-Strauss)

Qui ne (se) pose jamais de questions ?
Il commence avec le harcelant "pourquoi" des enfants
on cherche souvent "le pourquoi" et "le comment"
on se demande souvent : "de quoi s'agit-il ?", "de quoi est-il question ?"
On se pose fréquemment des questions plus simples :
qui / quand / où ?

De l'art de (se) poser les bonnes questions (et bien les poser)
- grille journalistique : QQQOCP (Qui/Quoi/Quand/Où/Comment/Pourquoi)
- les cinq W américains (Who/What/Where/When/Why)
Quelles sont les plus pertinentes ?
Les questions essentielles : qui/quoi/pourquoi/comment ?
Deux questions "subsidiaires" : où/quand ? (le temps et l'espace, dimensions essentielles de tout événement, permettent sa localisation)
 
 

B. CHOISIR UNE METHODE

Afin de choisir une méthodes qui vous convient, il faut que vous connaissiez vos préférences cérébrales.

Connaître ses préférences cérébrales

Il existe une opposition (ou une complémentarité) entre le cerveau droit et le cerveau gauche : une "dissymétrie fonctionnelle".
Les deux hémisphères spécialisés collaborent plus ou moins efficacement. L'idéal est de les faire travailler "en équipe" pour obtenir la fameuse "synergie".

Chez le droitier (chez le gaucher c'est l'inverse) :
L'hémisphère gauche (qui correspond à la main droite) fonctionne de manière analytique : il décompose, il classe, il ordonne, il organise "logiquement", quantitativement, intellectuellement. Il commande le langage, la logique, le raisonnement, le calcul chiffré.
L'hémisphère droit fonctionne de manière synthétique : il saisit des configurations globales, opère "analogiquement", symboliquement, qualitativement. Il commande l'intuition, l'émotion, le sens artistique, la musique et la reconnaissance des formes.
F
S'évaluer

Sherlock Holmes ou le commissaire Maigret ?
 

En fonction de ses préférences, chacun peut choisir une ou plusieurs méthodes à sa convenance.
 
 

A. ETAPES DE L'ECRITURE


INVENTION
Trouver des idées ou des arguments
MISE EN FORME
Faire un plan : organiser les idées ou les arguments
REDACTION
Choisir les mots, tourner les phrases, établir des paragraphes
PRESENTATION
Typographie et mise en page
 
 

B. CAUSES DE LA DIFFICULTE D'ECRIRE


CHANGER DE VITESSE
- pensée / écriture (nous pensons beaucoup plus vite
que nous n'écrivons).
AUTOCENSURE
- prédominance de la rigueur (contrôle) sur l'imagination (source des idées)
CANALISER SA PENSEE
- pensée foisonnante / écriture linéaire (quoi dire ? quoi dire en premier ?)
APPREHENSIONS
- peur de (mal) s'exprimer
- peur d'être lu (et jugé)
 
 

L'INVENTION (comment trouver ses idées)


CONFIGURATION SPATIALE
- noter au fur et à mesure des mots dispersés sur une feuille sous forme de constellation
- associations libres des mots qui vous passent par la tête
- associations par relations logiques (opposition/ ressem-blance / proximité /cause /etc.
BRAINSTORMING
- plus on est, plus on a d'idées
- se remuer les méninges à plusieurs pour trouver des idées
- noter toutes les idées qui sont émises par le groupe
- interdiction de (se) critiquer
- ne rejeter aucune idée
- les idées sont à tout le monde
DERIVES CREATIVES
- trouver un modèle, étudier son style d'écriture et l'imiter
- copier / pasticher / parodier / détourner
- écrire avec des contraintes : partir d'une première phrase / d'un mot clé / d'un titre
- écrire des (faux) proverbes / fausses citations / acrostiches / calligrammes / haïkus ECRITURE AUTOMATIQUE
- s'installer confortablement devant une feuille blanche
- commencer à écrire sans
sujet préconçu
- écrire vite sans réfléchir à ce qu'on écrit
- écrire sans raturer ni revenir en arrière (au fil de la plume)
- écrire sans se soucier de la ponctuation
 
 

ASSOCIATIONS DE MOTS


Grâce aux association de mots, vous pouvez trouver un grand nombre d'autres mots :

1. soit de manière spontanée et intuitive par associations libres (tout ce qui vous passe par la tête) ;

2. soit de façon rigoureuse et systématique
en utilisant les dictionnaires (de langue, analogique, de synonymes, d'antonymes) ou des encyclopédies.
 
 

BRAINSTORMING


Consignes
1. Tout le monde a droit à la parole à tout moment.
2. Il est interdit de critiquer les idées des autres
(ou les siennes)
3. Toutes les idées émises sont admises, même les plus farfelues.
4. Il est non seulement permis mais vivement recommandé de s'approprier les idées des autres.
 
 


NAISSANCE DU JOURNALISME


Au commendataire, le diffamateur créa les cierges et le terreau. Le terreau était informe et vide ; il y avait des ténias au surgélateur de l'abjection, et l'esquif du diffamateur se mouvait au-dessus des eaux-de-vie. Le diffamateur dit : Que le lumignon soit ! Et le lumignon fut. Le diffamateur vit que le lumignon était bon ; et le diffamateur sépara le lumignon d'avec les ténias. Le diffamateur appela le lumignon journal, et il appela les ténias nullards. Ainsi, il y eut une soirée et il y eut un mâtin. Ce fut le premier journalisme. »
 
 
 
 

LA GENESE

Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre.
La terre était informe et vide ; il y avait des ténèbres à la surface de l'abîme, et l'esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux. Dieu dit : Que la lumière soit ! Et la lumière fut. Dieu vit que la lumière était bonne ; et Dieu sépara la lumière d'avec les ténèbres. Dieu appela la lumière jour, et il appela les ténèbres nuits. Ainsi, il y eut un soir et il y eut un matin : ce fut le premier jour.»
 
 

DU BON USAGE DE L'IMITATION
 1. Imitez vos auteurs préférés
 2. Imitez des textes originaux
 3. Choisissez un extrait précis

4. Etudiez bien les procédés de l'auteur
AMELIORER SA LECTURE





La connaissance du processus de lecture et des critères de lisibilité est indispensable pour quiconque participe à l'élaboration d'un objet imprimé.

A. LE PROCESSUS DE LECTURE

Comment lit-on ?
Historiquement, on peut distinguer trois types de lecture correspondant à trois périodes historiques :
- un stade de pénurie / lecture orale avant Gutenberg
- un stade de production industrielle / lecture visuelle intégrale après Gutenberg
- un stade d'abondance / lecture sélective ou partielle à l'heure du multimédia (hypertexte).
Commentaires

Lecture intégrale
La vitesse de lecture
- Lecture orale (9000 mots à l'heure)
- Lecture visuelle (de 15 000 à 100 000 mots à l'heure)
un lecteur lent déchiffre 15 000 mots à l'heure / un lecteur moyen, 36 000 mots / un lecteur rapide jusqu'à 100 000 mots

Quand on pense à lecture intégrale, on pense à lecture mot à mot, et même syllabe après syllabe pour les débutants : par ex. l'enfant qui apprend à lire (et qui souvent ne comprend pas bien ce qu'il a lu).
Ce n'est pas tout à fait ça.

Le mouvement de l'oeil en lecture visuelle intégrale
Le cheminement visuel d'un lecteur occidental va de gauche à droite et de haut en bas en suivant les lignes. Mais le mouvement n'est pas continu.

- il est saccadé : un temps de fixation d'un quart à un tiers de seconde est suivi d'un temps de passage d'un quarantième de seconde à une autre fixation.

- la différence entre un lecteur lent et un lecteur rapide ne résulte pas de la durée du temps de fixation mais de la perception de davantage de signe à chaque fixation (5 lettres pour l'un, soit un mot en moyenne ; plus de 10 lettres pour l'autre, soit au moins deux mots)

L'unité du processus de lecture n'est pas la lettre (ou la syllabe) mais le mot (ou le groupe de mots).
Encore faut-il "retenir" pour comprendre ce qu'on lit. Un premier niveau de mémoire (à court terme) stocke puis évacue entre dix et vingt mots en quelques secondes, ce qui permet de dégager le sens d'une phrase. Ce sens est ensuite transmis à un second niveau de mémoire (à long terme) pour être conservé plus longtemps.
Cf. "La mécanique des deux mémoires"

Lecture sélective

La lecture sélective (ou partielle) est une tactique plus efficace que la lecture intégrale. Le lecteur articule ses séquences de lecture en fonction de ses besoins d'information. On parle aussi de "lecture de consultation" (ou de lecture périphérique) par opposition à la "lecture continue".
Elle permet de saisir l'ensemble avant d'entrer dans les détails,
de trouver l'idée principale, d'aller chercher une information déterminée.

Les techniques de lecture sélective :

- l'analyse globale préalable : avant d'entamer la lecture intégrale d'un texte nous en prenons toujours une connaissance préalable.
Lecture des résumés : titre, sous-titre, table des matières ou sommaire, texte de présentation (au dos)
L'utilisation des nomenclatures : bibliographie, index des noms (index nominum), index des notions ou thématique (index rerum), thesaurus (index explicatif).
C'est cette "pré-connaissance" qu'il faut développer pour adapter sa lecture.

- la recherche des mots-signaux : s'entraîner à rechercher dans des documents (annuaire, bottin téléphonique, encyclopédie) certains mots particuliers. Il existe des table des matières, index, thésaurus...

- l'écrémage : "réduction du nombre des mots sans que la compréhension générale du texte en soufre". Tous les lecteurs rapides pratiquent "l'écrêtage linguistique" qui est l'élimination inconsciente des parties les plus redondantes en lecture dite intégrale. L'écrémage, c'est la pratique systématique et consciente de cette élimination. Etant donné que la redondance peut atteindre jusqu'à 50%, on peut espérer ainsi doubler la vitesse de lecture.

Règles de l'écrémage :
- trouver rapidement l'idée principale du texte
- lire à fond les phrases importantes
- passer très vite sur les phrases de détail

Dans le cas de l'écrémage, on aborde le texte sans savoir ce qu'il faut y chercher. Avec le repérage, on sait ce qu'on veut trouver (telle information, pas une autre).

- le repérage ("skip reading") est la recherche au sein d'une page d'un mot ou d'un groupe de mots clés pour trouver l'information cherchée (ex. recherche d'une petite annonce / d'un article dans le journal / d'un nom sur une carte routière).
L'oeil fonctionne alors comme un radar balayant un espace de signes à la recherche du mot clé.

- L'écrémage sélectif combine repérage (recherche de "points d'encrage") et écrémage. Dans les manuels de lecture rapide cette technique générale de lecture sélective (incluant le repérage) est désigné simplement par le mot écrémage (ou "skimming").
- Les "points d'encrage" sont les points de repères de la lecture sélective : ce sont les mots clés mais aussi des signes typographiques (lettrines, capitales, italique, gras, alinéa, titres, intertitres...), qui déclenchent deux types d'appréciation :
passage sans intérêt / passage intéressant (relatif).
A chaque repérage s'opère un déclic : sans intérêt / je saute ; intéressant / je lis. Si erreur ou confusion l'oeil peut retourner en arrière.

Lecture anticipée
"L'oeil est l'organe de la vision, mais le regard est acte de pré-vision..." (P. Valéry)

A l'opposé de celui qui lit n'importe quoi, n'importe comment, n'importe quand... le "superlecteur" sait anticiper, prévoir, organiser ses lectures. Quel que soit le document, il sait l'embrasser du premier coup d'oeil, le feuilleter intelligemment pour se faire une idée plus précise du contenu, et trouver ce qu'il cherche : sommaires, rubriques, tables de matière, index sont là pour ça.



B. LECTURE DE LA PRESSE

Les lecteurs de journaux ou de magazines ne lisent pas tout (même en vacances). C'est normal, les supports de presse ne sont pas fait pour ça. Un journal d'une vingtaine de pages (Le Monde, Le Figaro) contient autant à lire qu'un bouquin de 200 à 250 pages. La lecture d'un numéro du Monde demanderait au moins quatre heures à un très bon lecteur ! La plupart des grands magazines offrent entre 10 et 20 heures de lecture.

En fait, les Français consacrent en moyenne une vingtaine de minutes à leur quotidien et une heure à un magazine. Conclusion : le lecteur ne lit en moyenne que 10 % du journal !
Le lecteur d'un quotidien ou d'un hebdomadaire pratique une lecture très sélective. Si le journal est bien conçu, il pourra sélectionner rapidement les informations qui l'intéressent.

Le processus de lecture d'un journal est donc spécifique.
-le lecteur regarde d'abord une page entière en posant son regard sur un point situé dans le premier tiers supérieur, à gauche du milieu de la page (le point focal).
- il dirige ensuite son regard vers le coin supérieur gauche, puis vers le coin supérieur droit.
- il descend ensuite en diagonale vers le coin inférieur gauche et regarde pour finir le coin inférieur droit.
Le regard du lecteur survole une page de journal en traçant
un Z imaginaire.
Le maquettiste tente d'organiser sa page en fonction de ce comportement.

En fait, on distingue trois niveaux de lecture d'un journal :
1. la "une", la "dernière", la "titraille" et les "illustrations" (dessins, photos, cartes...) sont lues (ou vues) au premier coup d'oeil.
2. les petits articles : chapô, brèves, encadrés, billets, chroniques, légendes des photos sont lus au second coup d'oeil.
3. le texte des articles n'est abordé que dans un troisième temps. 




C. AMELIORER SA VITESSE DE LECTURE

- Devenir un superlecteur
Le lecteur expérimenté adapte sa vitesse de lecture sélective en fonction de la difficulté ou de l'intérêt du texte. Son oeil n'est plus soumis à l'enchaînement linéaire, son champ d'action c'est la page dans laquelle il navigue avec flexibilité (hypertexte). Il est devenu une "formidable machine à absorber l'information", un "superlecteur".

Les méthodes de lecture rapide ne manquent pas. Les moyens d'améliorer sa vitesse de lecture sont multiples (Cf. "Méthode de lecture rapide" de François Richaudeau chez Marabout).


CRITERES DE LISIBILITE DE LA PRESSE
A. LES LISIBILITES

Les facteurs qui influent sur le déchiffrement d'un imprimé, la facilité et la rapidité de sa lecture sont multiples. "Tout lire", ça ne veut rien dire. Il y a de multiples niveaux de lecture dépendant de la visibilité/lisibilité de l'objet imprimé.

Nécessité des choix (toujours relatifs à l'intérêt du lecteur) :
- parmi les publications (librairie, kiosque, bibliothèque)
- à l'intérieur d'une publication / d'une rubrique, d'une page ou d'un article.

Lisibilité globale

La lisibilité globale favorise une lecture "périphérique". Quel que soit l'objet imprimé, on lit d'abord ses formes de présentation et d'introduction.

C'est la lecture des titres, sous-titres, du sommaire ou le texte de présentation situé au dos, ou alors de la table des matières, des index ... ou encore du thesaurus (index explicatif mettant en relation les notions)

Cette lecture apporte :
- une information synthétique sur le fond et la forme du document
- une information analytique sur les questions abordées, sur la structure du document.
Ex. bibliographie, index des noms, index thématique.

On peut ainsi, "à première vue", se faire une idée d'un journal, de son originalité, de sa cohérence.
&laqno; Faites emmerdant, Messieurs, faites emmerdant » : recommandation du fondateur du Temps (ancêtre du Monde) qui voulait que son journal paraisse fiable, sérieux.


Lisibilité discontinue

La lisibilité discontinue doit faciliter une lecture de consultation. C'est une activité d'extraction : on lit en fonction de choix et de besoins.

La page d'un journal doit être un espace favorisant ce type de lecture : une surface morcelée qui suppose une lecture discontinue (horizontale, verticale ou en diagonale). Le lecteur s'arrête, lit un passage, tourne une page, cherche, revient en arrière...

Faciliter la lecture par l'habillage de l'information
- la typographie foisonnante du support permet une lecture de consultation. Dès la première page, le lecteur trouve des indications sur l'essentiel du contenu du journal. En feuilletant, il se retrouve facilement grâce à des "éléments de repérage" à commencer par les titres de rubriques.

- la titraille : l'ensemble des titres, intertitres, sous-titres annonce la structure globale du contenu, permet de découvrir l'argumentation, hiérarchise l'appréhension des informations.
Par la force des caractères utilisés, ils se détachent ou jaillissent de la page pour permettre un repérage rapide.
Par leurs dimensions respectives, ils organisent et hiérarchisent l'information


Lisibilité continue

La lecture continue est une activité d'assimilation : on lit des chapitres entiers, au rythme d'unités (dont nous avons déjà parlé) pour avoir une compréhension graduelle de l'ensemble.

C'est la lecture de A à Z d'un article. Qu'est-ce qui peut la faciliter ? - la mise en page (encadré, illustration, etc.)
- qualité de la typographie (famille, taille des caractères)
- texte aéré, composé de nombreux paragraphes, etc.

La lisibilité linguistique va jouer aussi un grand rôle, nous allons le voir. Mais avant tout, c'est l'intérêt du lecteur qui est ici l'élément clé : c'est ce qui le pousse à lire tel article in extenso. S'il ne se sent pas concerner par le sujet, il n'y a aucune raison pour qu'il se plonge dans la lecture de l'article.