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Le manuel d'écriture de JT007RESUMER UNE INFORMATION
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Premier souci du journaliste : la concision.
Elle s'obtient par un travail d'élimination de tout ce qu'il y a en trop.
Il faut être sans pitié pour les adjectifs et les adverbes inutiles,
certaines redondances, les répétitions, les délayages,
les longueurs de toutes sortes...
Encore faut-il distinguer l'essentiel du superflu dans un texte avant de couper
ce qui ìdépasse...
A. METHODE DE RESUME
Acquérir une méthode de résumé est fort utile pour
repérer la place de l'information, l'enchanement des idées.
La démarche consiste à cerner les informations principales contenues
dans le texte et leurs relations logiques. Si l'on veut comprendre la logique
du texte, il faut l'appréhender dans son ensemble plutôt que paragraphe
par paragraphe.
1) dégager les idées principale : il s'agit de circuler dans le texte pour séparer l'essentiel du secondaire (et/ou de l'accessoire) en repérant tous les mots, groupes de mots ou phrases clés (on peut les souligner).
2) "visualiser la structure" du texte, c'est-à-dire rendre
visible sous forme d'un schéma logique le principe de construction du
texte (le plan) avec ses grandes unités de sens (parties).
- Concernant les articles de presse on peut d'abord chercher de quelle sorte
de plan il s'agit (pyramide inversée, chronologie inversée, autres)
et le représenter ensuite.
3) L'étape suivante consiste à repérer les articulations
entre les grandes unités, puis à l'intérieur des unités.
On peut repérer aussi les exemples qui illustrent les idées.
Comment faire ?
Repérer les valeurs logiques
Il faut chercher les mots-outils ou mots de liaison exprimant une relation
logique (on peut les entourer). Ces mots de liaison jouent un rôle fondamental
dans le développement. Ils expriment les valeurs logiques : but, cause,
conséquence, condition, etc.
Un certain nombre de connecteurs logiques ou sémantiques permettent de
structurer une phrase ou un texte. Afin de pouvoir les repérer, voici
une bote à outils (elle n'est certainement pas complète) :
la redondance informative
La redondance est le rapport entre l'information ìinutile ou parasite
(le ìbruit en théorie de l'information) et l'information totale
d'un message.
Le langage comporte un fort coefficient de redondance : de l'ordre de 50 %.
On pourrait croire qu'avec l'élimination de la moitié du message,
on obtient une efficacité maximum. Il n'en est rien.
Pour une plus grande efficacité de la communication, il faut veiller
à sa redondance.
- redondance lexicale : reprise de certains mots
- redondance syntaxique : utilisation des présentatifs (c'est, il y a,
voici, voilà...), des répétitions pronominales et autres
formes d'insistance.
- redondance sémantique : reformulation sous une autre forme de la même
idée, utilisation de termes synonymes.
- La place de l'information dans la presse :
La redondance est délibérément utilisée pour faciliter
l'accès du lecteur à l'information. Mais attention aux doublons
!
Les répétitions des mêmes mots ou expressions dans un même
niveau de lecture (titre, surtitre, chapeau, légende) sont indésirables.
- ATTENTION aux pléonasmes :
c'est la répétition inutile d'une idée comme
monter en haut, voler en l'air, congère de neige, crier à voix
haute... Mais il ne faut pas avoir la hantise du pléonasme :
en lieu et place, contraint et forcé, responsabilité pleine et
entière...
sont des pléonasmes admis.
ATTENTION aux expressions redondantes comme
:
Il convient également de souligner que...
Notons encore que...
Vous n'êtes pas sans savoir que...
Force est de constater que...
Il est bien certain que...
On peut certes penser que...
supprimer dilutions et délayages
Concision, précision, efficacité ne s'obtiennent qu'au prix
d'une élimination de tout ce qui alourdit inutilement le contenu et le
style.
Il faut veiller à supprimer : d'une part toutes les lourdeurs dans l'expression
Evitez les phrases en cascade : suite de compléments de nom (de... de...),
de propositions relatives (que... que... / qui... qui...)
Exemple
1. Son collègue, l'ingénieur qui avait conçu le projet
et qui, du moins d'après ce que des membres de son équipe avaient
raconté après coup aux policiers qui étaient chargés
de l'enquête, était en grande partie responsable de cet horrible
accident dont les journaux avaient tant parlé.
2. D'après ce que des membres de son équipe avaient raconté
après coup aux policiers qui étaient chargés de l'enquête,
son collègue, l'ingénieur qui avait conçu le projet, était
en grande partie responsable de cet horrible accident dont les journaux avaient
tant parlé.
3. Son collègue, l'ingénieur qui avait conçu le projet,
était en grande partie responsable de cet horrible accident dont les
journaux avaient tant parlé ; c'est du moins ce que des membres de son
équipe avait déclaré par la suite aux policiers chargés
de l'enquête.
- Les articulations de la phrase
Attention à bien utiliser les conjonctions, les prépositions et
autres locutions qui sont les articulations du texte (liens temporels / spatiaux
/ logiques)
- Evitez les phrases enchâssées :
un enchâssement "proustien" de propositions gêne souvent
la compréhension de la phrase.
Exemple : Comprend qui peut.
« Alors pourquoi choisir, dans une ambiance d'unité nationale,
que seule trouble Jean-Marie Le Pen, de remettre encore sur le métier
un ouvrage si peu conflictuel qu'aujourd'hui même l'actuel gouvernement
ne pourrait pas affirmer qu'en l'absence de renseignements sur la personnalité
d'Abdallah (qui ne sont venus qu'ensuite) il aurait agi, à l'époque,
différemment de son prédécesseur ? »
(phrase extraite d'un éditorial du Quotidien de Paris)
Enlevez autant que possible :
- les pronoms relatifs (qui, que, dont, duquel, lequel...)
- les conjonctions de subordination (alors que, après que, ainsi que...)
- les conjonctions de coordination (mais, et...)
- les locutions
- les points-virgules
d'autre part, toutes les longueurs, tout ce qui est remplissage ou verbiage.
- Evitez notamment les ìtics de langage qui alourdissent la phrase :
Il convient de / il va sans dire que / il est parfaitement clair que / il n'est
pas superflu de remarquer ici que / au niveau de / etc.
Condensez : éliminez le superflu et les répétitions
B. LES GENRES JOURNALISTIQUES
Quel que soit le journal ou le magazine, la diversité des articles est
grande non seulement par le sujet mais aussi par le traitement. De l'éditorial
à l'interview, en passant par la brève ou le reportage...
Il y a une palette genres journalistiques que l'on peut classer en quatre grandes
catégories : informatif, commentaire, noble et fantaisie.
Chaque genre a ses fonctions spécifiques : par ex. l'interview, si la personne interrogée est une personnalité reconnue, remarquable ou experte en son domaine.
Nous traiteron ici surtout des genres informatifs qui sont la "substantifique
moelle" de l'information. (CA C EST DU BOURELLY TOUT CRACHE !!!Note
de l'Editeur) )
A la source de l'information, en amont, on trouve les agences de presse : les
quatre grandes (Associated Press et United Press International aux Etats-Unis,
Reuter et AFP en Europe) sont de véritables "moulins à nouvelles"
qui alimentent les médias avec des dépêches.
En amont, la dépêche
Comment fonctionne la dépêche d'agence de presse ?
Sur les lieux, l'informateur alerte l'agence dès qu'il a connaissance
d'un événement, et si l'événement est d'importance,
il va le suivre jusqu'à l'exposé complet des circonstances suivant
une progression systématique :
En aval, l'article
La brève
C'est le genre informatif le plus court, l'information y est réduite
à sa plus simple expression. "Objective" et "personnelle".
- c'est de l'information brute, sans aucun commentaire, condensée en
un minimum de mots, cinq à dix lignes en une phrase ou deux formant un
seul paragraphe.
- elle répond aux questions clés : qui ? / quoi ? / où
? / quand ?, éventuellement comment ? et pourquoi ?
- elle n'a pas de titre, mais elle peut être surmontée de mots-repères
("Etranger", "Economie", etc.) ou comportée une sorte
de titre qui constitue en la première phrase imprimée en gras.
- elle est précédée d'un signe typographique d'appel :
puce (ronde, carrée... blanche, noire...) ou d'un tiret
- les premiers mots, si possible significatifs (le sujet de l'information),
sont soulignés, en gras, en italique ou en capitales.- en aval, l'article
: brève, filet, mouture
- les brèves sont souvent regroupées en "rivière"
sous un titre de rubrique ("En bref", "Bref Economie, etc.).
Brève mal rédigée
Au cours de son assemblée générale annuelle, le 27 novembre, la société des Amis de la nature de Moutier a notamment débattu des mesures à prendre à la suite de l'incendie, en août dernier, de son abri du col des Fourches. Elle a décidé de le reconstruire d'ici à deux ans.
Corrigé
L'abri du col des Fourches sera reconstruit d'ici à deux ans a décidé
la société des Amis de la nature de Moutier, au cours de son assemblée
générale du 27 novembre. L'abri avait été détruit
par un incendie en août dernier.
Rédiger une brève est un excellent exercice pour apprendre à
synthétiser et hiérarchiser l'information. Cela revient à
se poser la question :
- si j'enlève ça, est-ce que l'information reste malgré
tout compréhensible et juste ?
EXERCICE : RESUMER UN ARTICLE SOUS FORME DE BREVE
Relevez les marques des fonctions ìexpressive et ìimpressive.
Relevez les marques de la fonction ìpoétique.
Dégagez les faits et présentez-les sous la forme d'une brève.
Le filet
- Comme la brève, c'est une information courte sans commentaire, mais
dont l'importance justifie un titre séparé.
- il répond aux mêmes questions mais donne aussi des éléments
du pourquoi et du comment.
- il est donc un peu plus long, mais dépasse rarement trois paragraphes
(soit 25 lignes) sur une seule colonne
- les filets peuvent être aussi regroupés en "rivière"
- souvent, c'est une dépêche d'agence reproduite sans changement,
mais la plupart des journaux refont les titres et récrivent la dépêche
dans un style "maison"
Voleur soporifique
Un Tunisien de 36 ans qui, depuis près de deux mois, dévalisait des voyageurs de la SNCF après leur avoir offert des boissons contenant des somnifères, a été interpellé en flagrant délit dans la nuit de mardi à mercredi en gare de Montpellier, dans le train Cerbère-Genève. Sadok Touil a été surpris par une brigade de surveillance de la SNCF, dévalisant un touriste amé-ricain à qui il venait de faire boire une tasse de cacao parfumé au soporifique. Touil s'attaquait surtout aux touris-tes japonais et brésiliens dont plusieurs passeports ont été trouvés dans ses bagages. Dix d'entre eux avaient déjà porté plainte ces derniers jours.
La mouture
C'est la réécriture en un seul article d'informations reçues
séparément, provenant soit d'une même source (AFP) ou de
plusieurs (agences, correspondants, communiqués, etc.)
- refonte d'informations d'origines diverses qui se chevauchent, parfois se
contredisent... la mouture demande une grande rigueur, l'esprit de synthèse
et la connaissance du sujet.
- elle est strictement informative, sans commentaire mais en général
plus complexe et plus longue que le filet (environ 20 à 100 lignes dactylographiées)
- le montage en est la forme la plus simple : on met bout à bout des
parties de dépêches en ajoutant les transitions et en complétant
par des rappels ou des explications si nécessaires.
LA LOGIQUE DU DISCOURS
VALEURS LOGIQUES
CONJONCTION
DISJONCTION
OPPOSITION
CAUSE
CONSEQUENCE
COORDI-NATION :
adverbes ou conjonctions puis, et, ni, ensuite, ainsi que, bien plus, aussi,
c'est-à-dire, d'ailleurs, etc. ou... ou, ou bien, soit que...
soit que, que... que, tantôt... tantôt, etc. mais, au contraire,
pourtant, cependant, toutefois, du reste, d'ailleurs, en revanche,
etc. car, en effet, effective-ment,
à savoir, c'est-à-dire donc, c'est pourquoi, par conséquent,
aussi, ainsi, alors,
par suite, dans ces conditions, enfin, partant, etc.
JUXTA-POSITION :
signes de ponctuation point point-virgule point point-virgule virgule point
point-virgule point, point-virgule, deux points point de suspension