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TITRE, SUJET
LES TIRE-BOUCHONS
Richard Bit
(Illustrations BMG)
mise en ligne 30/11/2005
Que voilà un instant
privilégié, stade ultime de la longue chaîne
du vin, celui où tous les convives réunis autour
d'une vénérable bouteille, guettent le bruit caractéristique
qui donnera l'envoi d'une dégustation tant attendue.
Tous les regards confiants sont braqués sur l'amphitryon
qui d'un geste assuré utilise son compagnon fidèle,
le tire-bouchon, témoin de nombreuses joies gastronomiques.
C'est ce précieux objet, dont l'utilité n'est plus
à démontrer, qui sera la vedette de notre petite
étude.
Définition
Est-il besoin de chercher des
définitions alambiquées pour présenter un
instrument dont l'usage est tellement commun qu'il est entré
dans les murs ?
En voici deux parmi tant d'autres :
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- instrument formé d'une
vis en métal, pourvue d'un manche, pour retirer le bouchon
d'une bouteille |
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- tige hélicoïdale
de fer ou d'acier terminée le plus souvent par une poignée
ou un anneau (Larousse ménager, 1926)
Ci-contre :
Tire-bouchon simple
Manche en bois de vigne - 12,1 x 13,3 cm -
XXe siècle |
Historique
Comme l'écrivait Alain
Schifres dans L'Express-Le Vif du 30 juin 2000 : "Je
ne sais quand fut trouvé le bouchon-bouchon, mais il est
certain que le tire-bouchon vint plus tard. Toujours, un délai
sépare une grande découverte de la façon
d'y remédier."
Certains pourraient arguer que l'invention du tire-bouchon découlerait
du tire-balle ou du tire-bourre.
D'autres pourraient prétendre que le tire-bonde
serait à l'origine du trait de génie créateur,
car il utilise lui aussi le principe de la tige vrillée
; dans ce cas, le tire-bouchon
aurait une existence bien antérieure...
A Berlin, se trouve un autel frontal intitulé "le
miracle vinicole de saint Bertin de saint Marmion" qui
décrit l'utilisation de la vrille à tonneau.
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Quoi qu'il en soit, en la matière,
il convient de s'écrier : "Messieurs les Anglais,
tirez les premiers".
En effet, il semble bien que ce soit un Anglais, le Révérend
Samuel Henshall, qui ait déposé le 25 mai
1795 le premier brevet d'invention.
Il sollicita d'abord l'aide de Mathew
Boulton pour la fabrication, puis il ouvrit, en 1796 à
Edimburg, une succursale pour vendre lui-même son tire-bouchon.
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Tire-bouchon de type Henshall
avec disque-repoussoir cranté inséré entre
la tige et la mèche du type "queue de cochon"
(dernière spire faussée).
La tige traverse le manche et se termine par un anneau où
subsiste un bout de corde. Le manche en bois tourné est
muni d'une brosse servant à épousseter le col des
bouteilles pour enlever les débris de cire.
Bois, acier,
soies de
porc - 14,1 x 11,6 cm - début XIXe s.
L'action du disque, lorsque la mèche a percé le
bouchon, permet par la répulsion et la rotation de celui-ci,
de diminuer l'adhérence entre le bouchon et le col de
la bouteille. |
Dans les autres pays, les brevets
sont fonction de la date d'entrée en vigueur des législations
: le premier brevet français date de 1828, et en Allemagne
il a été attribué en 1877.
Il est bien certain qu'il ne s'agit pas là de la date
de création des premiers tire-bouchons, dont il est fait
mention pour la première fois vers 1681, mais d'une reconnaissance
légale (en Angleterre : protection de 14 ans pour le brevet
et de 3 ans pour le modèle déposé).
Le développement de
la fabrication du tire-bouchon a été le résultat
d'un concours de circonstances :
Les Anglais étaient
également grands amateurs de bière et de cidre
qui nécessitaient des bouteilles avec bouchon très
serré dans le col.
C'est au XVIIe
s. que les Anglais ont commencé à élever
leurs vins en bouteilles plutôt qu'en barriques.
Cette tradition s'est vue confortée par le passage de
la bouteille "en bulbe d'oignon" à la forme
cylindrique qui a ainsi permis un stockage facile à l'ère
industrielle.
L'étroitesse
du col a nécessité le choix d'un bouchon aux côtés
parallèles, appliqué par pression pour des raisons
d'étanchéité. Depuis lors, le bouchon de
liège (déjà utilisé
par les Grecs pour clore les amphores et autres récipients
de terre cuite) a trouvé son compagnon indispensable dans
le tire-bouchon.
La législation
anglaise, par décret du 25 mai 1728, autorisa, pour assurer
le transport, la fermeture des bouteilles par des bouchons de
cire ou de liège.
Avant cette date, la commercialisation du vin en bouteille était
interdite afin d'éviter la fraude qui portait sur la quantité,
la fabrication artisanale des bouteilles ne permettant pas de
certifier la jauge.
Les bouteilles d'aujourd'hui, standardisées et fabriquées
mécaniquement en grande quantité, ne présentent
plus cet inconvénient.
Entre 1795 et 1908, près de 350 brevets furent donc déposés
en Angleterre (principalement fin des années 1860 et début
du XXe s.).
Caractéristiques
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Les tire-bouchons les plus
simples se composent généralement de trois parties
solidaires entre elles:
Certains y ajoutent la vis (ou le clou) qui réunit l'ensemble
au manche.
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- la poignée
ou manche,
- la tige ou fût
- la vrille ou vis
ou mèche, (ce qui est, en fait, le véritable tire-bouchon).
ci-contre :
Tire-bouchon simple
mèche à axe central plein, anneau rigide de suspension
Fer - 12,3 x 7,7 cm - France, XVIIIe s. |
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La poignée ou manche : |
de forme fort variable - parfois
assez grande pour y passer quatre doigts, parfois assez petite
pour les tire-bouchons de voyage.
Elle peut être remplacée par un anneau ou par un
manche formant "T" muni parfois d'une petite brosse
pour balayer les débris de cire qui se trouvent sur le
col de la bouteille. |
La tige ou fût : |
constitue le lien entre la poignée et la mèche
avec laquelle elle se confond parfois.
Elle a pour fonction de séparer la poignée de la
mèche de telle sorte que la main garde assez de place
pour exercer sa prise sur la poignée lorsque la mèche
est complètement enfoncée dans le bouchon. |
La vrille, vis ou mèche : |
peut être
- pleine : poinçon de fer conique autour duquel circule
une tige plate de métal, en forme de spire, qui va en
diminuant de dimension
- tordue
: tige de fer enroulée autour d'un cylindre qui une fois
désengagée renferme un espace vide dans son intérieur
(tige carrée, ronde ou triangulaire).
Certains sommeliers préfèrent la simple vis en
queue de cochon qui a l'avantage de ne pas désagréger
le bouchon.

de gauche à droite : Mèche en queue de cochon,
mèche à filet hélicoïdal cannelé,
vis d'Archimède, vis à filetage incliné
(dite aussi "mèche rapide"), mèche à
axe central plein |
Ce tire-bouchon simple exige
un important effort physique pour l'extraction du bouchon et
peut avoir des effets néfastes sur le contenu de la bouteille,
malencontreusement secoué... Il est donc normal qu'on
ait tenté d'imaginer de multiples améliorations,
tant pour la forme que pour les matériaux et les modes
de fabrication.
La diversité des formes et l'ingéniosité
des nombreux mécanismes font la joie des
hélixophiles, hélixpomaphiles, hélitapophiles,
héliotapophiles ou des pomelkophiles.
S'y ajoutent la qualité des matériaux (du simple
morceau de bois aux pierres et aux métaux les plus précieux
- qui traduisent l'état social du propriétaire
-), ou la mention des multiples firmes qui ont utilisé
l'objet à des fins publicitaires dès qu'il fut
produit en masse (fin du XIXe s.), ou encore la combinaison du
tire-bouchon avec d'autres instruments : couteau(x), porte-clef,
sceau à cacheter, décapsuleur, châtelaine,
cisailles pour bouteilles de champagne, briquet, bourre-pipe,
pincette pour braises, tire-botte, tire-lacets, cuiller, fourchette,
casse-noix, entonnoir, marteau et pioche, ouvre-boite, ciseaux,
et nous en passons certainement...
Et il existe des tire-bouchons pour gauchers, qu'on appelle lévogyres
- ceux pour droitiers étant les dextrogyres.
Fabrication
Armuriers, couteliers et orfèvres
se sont principalement penchés sur la fabrication de cet
instrument qui demandait un savoir-faire certain.
On peut résumer de la façon suivante les différentes
phases de la fabrication artisanale :
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1 |
Choisir un acier au carbone |
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2 |
Etirer l'acier dans une forge
à charbon |
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3 |
Forger la mèche en carré
de 3 mm de côté |
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4 |
Arrondir cette mèche sur
une longueur d'environ 170 mm |
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5 |
Enrouler la première
(côté du fût) des 5 spires |
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6 |
Egaliser les spires par de légers
tapotages et faire tourner la mèche |
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7 |
En une seule chauffe, vérifier
l'écartement des spires avec une petite lame |
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8 |
Egaliser l'écartement avec
une tige ronde métallique de 6 mm |
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9 |
Faire un revenu comme pour un
ressort. |
Certains conservaient
leurs petits trucs de métier : ils faisaient subir à
la mèche une trempe au rouge cerise, l'essuyaient avec
soin, la frottaient à l'huile (ou avec du suif ou de la
graisse). Elle était ensuite placée et retournée
plusieurs fois sur un feu de braise, afin d'obtenir une chauffe
régulière, et retirée dès que la
graisse ou l'huile s'enflammait. La trempe était effectuée
dans de l'eau dès que l'huile avait cessé de brûler.
On obtenait de cette manière un recuit de couleur bleue.
La technologie actuelle permet d'utiliser des procédés
plus rapides et efficaces. La mèche est fabriquée
par étirement à partir d'un fil d'acier ("billette")
au carbone ou en inoxydable. Des tronçons seront ensuite
percés (côté manche) et forgés (côté
pointe) pour donner à la mèche son arrondi. La
mèche est alors recuite (pour la rendre plus malléable),
mise à équerre à hauteur du talon et passée
sur la machine à enrouler. Après la trempe thermique
et le polissage au tonneau (ou avec un vibrateur), il est procédé
au traitement de finition au nickel ou au téflon.
Formes de tire-bouchons
et datations
1- Tire-bouchons
simples
N.B. Les 3 tire-bouchons
illustrés ci-avant font partie de cette catégorie. |
A - "en
T"
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Arcature profilée pour
4 doigts,
mèche à axe central plein
Fer - 10,7 x 8,2 cm - XIXe s. |
Ayant vraisemblablement
servi de briquet
Mèche en queue de cochon
Fer - 4,2 x 5,8 cm - XVIIIe s. |
B- "à
lames"
Invention
de l'Américain Lucian Mumford, San Francisco, 1879. Aussi
appelés "tourne-bouchons", ou "gaucho"
ou "argentin" parce qu'ils "chevauchent"
le bouchon, ces ustensiles ont connu un succès tel que
les fabricants ont produit de nombreux modèles "de
poche", avec étui de protection, entre les années
1940 et 1960.
Le tire-bouchon à lames permet également de reboucher
la bouteille et de la conserver à moitié vide. |
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Mode d'emploi :
- enfoncer
la plus longue lame entre le bouchon et le goulot de la bouteille,
puis enfoncer la seconde et faire progresser ainsi successivement
l'une et l'autre.
- Effectuer ensuite un mouvement de rotation et de traction.
à
g :
Bois et fer, lames de différentes longueurs, sans marque
- 9,8 x 4,6 cm - XXe s.
à
d :
Aluminium, lames de différentes longueurs, sans marque
- 9,2 x 7,5 cm - XXe s. |
2 - Tire-bouchons
avec système mécanique
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A - à
cage et à simple rotation
1ère amélioration
au tire-bouchon simple : en France, au XVIIIe s., insertion d'une
structure métallique, en forme de cage ou de cloche, sur
la tige sur laquelle elle peut tourner ou coulisser verticalement.
Cette structure, en faisant effort sur le col de la bouteille,
transforme la force de rotation en force de traction.
Ce système connut de nombreuses variantes au XIXe s. en
Italie, Angleterre, Etats-Unis et Allemagne. |
ci-contre, à g :
Simple rotation sur
coussinet à bille, mèche à axe central plein
- sans marque
Acier - 11,7
x 8,8 cm Allemagne (?) |
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B - à
cage à simple rotation et ressort
au centre :
Simple rotation avec
ressort de répulsion monté sur la tige, mèche
à axe central plein - sans marque
Cage en laiton nickelé, mèche en acier inoxydable,
manche en bois tourné - 18,8 x 8,5 cm - Allemagne
à d :
Simple rotation avec
ressort de répulsion monté sur la tige, mèche
à axe central plein, sans marque
Fer nickelé et ivoire - 6,4 (anneau déplié) x
2,6 cm.
Pour flacon de parfum ou fiole de médicament |
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C - système
à 1 levier
L'adjonction
d'un levier, en rendant le tire-bouchon asymétrique par
rapport à l'axe d'extraction, lui confère une stabilité
moindre. Ce système connut cependant divers brevets anglais,
américains, français... Le premier déposé,
exceptionnel par sa facture et son dessin, fut le "Royal
club" de Charles Hull en 1864.
Ci-contre : croquis du tire-bouchon français à
levier unique avec structure ouverte "Le Presto" de
Pérille, France, XIXe et XXe s.
En 1883, l'Allemand
Carl Wienke dépose en Angleterre et aux Etats-Unis son
modèle mono-levier de poche qui va connaître un
immense succès dans le monde des sommeliers, maîtres
d'hôtel et garçons de café.
Produit dans le monde entier avec quelques modifications, il
est conu sous le nom de
Tire-bouchon
de "garçon de café" ou de "sommelier"
: |
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à g : Marqué "A GARRY THIERS
MADE IN FRANCE" - mèche à filet hélicoïdal
- acier inoxydable - 8,5 x 15,4 cm
à d : Marqué "ITALY" - mèche
en queue de cochon - acier inoxydable - 8,5 x 16,2 cm
Il peut être amusant
de se référer à "l'usage professionnel"
:
(Citation
extraite de http://madae.blogdrive.com)
"Je précise que ce sont mes notes prises sur le
coup, sans modifications aucunes. Et aussi qu'à mon avis
on m'a appris une demi-tonne de conneries.
Vocabulaire - Appeler les choses par leur nom. Un tire-bouchon
n'est pas un tire-bouchon mais un sommelier ; si celui-ci comporte
un décapsuleur, alors c'est un limonadier. "
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[n.d.l.r. un sommelier
est la personne responsable de la cave, des vins et alcools dans
un restaurant, un limonadier est le fabricant de limonade ou
le tenancier d'un débit de boisson] |
(...) "Ouvrons une bouteille de vin (sic) - Sur le sommelier
est présent un couteau. A l'aide de celui-ci, découper
le papier recouvrant le bouchon soit sous le goulot, soit au
dessus, le tout sans faire tourner la bouteille. Retirer le papier
(si-si, c'est très important) puis planter le tire-bouchon
dans ce dernier [sic], jamais au milieu. L'enfoncer au
max puis placer l'appui du sommelier sur le relief du goulot,
entreprendre de tirer sans pour autant faire levier (c'est-à-dire,
droit) sans quoi du liège finira sa course dans le vin.
Si tel est le cas, faire une gâche: verser un peu de vin
dans un verre, les éclats de liège se retrouveront
dedans. Est-il besoin de le préciser, jeter le vin gâché
(ou prendre un guronzan [
n.d.l.r. médicament à base de caféine très
répandu et en vente libre mais figurant parmi les produits
interdits aux sportifs]). Dernière chose: garder les
bouchons. Toujours. D'une part, le client pourrait demander à
le sentir (...), d'autre part si une bouteille n'est pas finie
on la rebouchera à la fin du service (vu en stage...)." |
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D - système
de leviers à 2 manches ou "pinces-leviers"

La
mèche est vissée à la main ; on y adapte
ensuite une pince-levier dont les longs manches permettent d'extraire
le bouchon. Ce mécanisme est une spécialité
anglaise brevetée pour la première fois par Lund
en 1855.
Dans l'ensemble,
et par comparaison à l'Angleterre, l'Allemagne, la France,
les Etats-Unis, les brevets belges de tire-bouchon sont rares...
Voici, avec l'aimable autorisation du collectionneur belge S.C.,
le rare tire-bouchon pince « Leveaux Lemaître »
- brevet de 15 ans, déposé à Namur en 1852
:
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E - système
à fût fileté dit aussi "à vis"
Dès
le XVIIIe s., on pense à utiliser la vis, système
mécanique qui transforme une rotation en déplacement
vertical. Le fut se tranforme alors en tige filetée qui
tourne dans la vis.
Le plus célèbre tire-bouchon à vis est celui
de l'Anglais Sir Edward Thomason qui le fit breveter en 1802.
Il est muni d'une vis double, l'une dextrogyre, l'autre lévogyre,
montées dans l'axe de la tige. Il permet de ne plus toucher
le bouchon avec les mains : en tournant le manche dans le sens
des aiguilles d'une montre, on fait pénétrer la
mèche et on extrait facilement le bouchon; en tournant
ensuite dans le sens contraire, on libère le bouchon de
la mèche.
Se basant sur
le mécanisme à vis, les Italiens ont inventé
un système original "type moulin à café"
: le manche principal sert à insérer la mèche
dans le bouchon tandis que le manche latéral, semblable
à celui d'un moulin à café, permet l'extraction.
(croquis ci-contre). |
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F - système
à fût fileté et à ailettes
Le modèle
Bodega fut créé par Ernest Scharff de Francfort
en 1900 ; il comporte une poignée à lourdes ailettes,
montée sur pignon, de sorte que celles-ci retombent d'elles-mêmes
et ne remontent que sous la poussée du col de la cage,
le fut fileté remontant jusqu'au centre de la poignée.
Mèche à axe central
plein -
marqué "2 BODEGA" sur une face de la cage et
"D.R.P.N. n° 0113367" sur l'autre, "MARX &
Co" + logo sur les montants de la cage
Fer nickelé - 15,9 x 8,7 cm - Allemagne |
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G - système
à fût fileté et dispositif sur la tige filetée
Mèche à axe central
plein - marqué
"ACIER" - type J.H. Pérille, France, fin XIXe
s./début XXe s.
Fer nickelé - 15,5 x 7,3 cm |
H - système
à pignon et crémaillère
L'exemplaire le plus ancien de ce type de tire-bouchon XVIIIe
s. est conservé au Musée Le Secq des Tournelles
(Rouen). Ce tire-bouchon a été abondamment produit
par les Italiens de la fin XVIIIe au début XIXe. Les plus
anciens sont munis d'une crémaillère plate : surmontée
du manche principal, elle coulisse dans une cage ouverte sur
le sommet de laquelle est monté le pignon. La crémaillère
fut ensuite remplacée par une tige ronde à anneaux
coaxiaux. Les Anglais ont également produit ce type de
tire-bouchon.
Ci-contre
:
Type "London rack" breveté par Lund en 1855.
Tige à anneaux coaxiaux, manche principal en bois tourné
surmonté d'un pas de vis percé d'une ouverture
où passe un anneau,
Acier et bois - 20,1 x
9,5 cm |
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I - systèmes
à crémaillère à 2 leviers
Ci-contre
:
Dérivé du modèle anglais "Magic Cork
Lever Drawer" - marque sur les deux faces "BOJ"
traversée d'une flèche - Mèche à axe central plein, fût
percé de trous ronds
Replié : 14,8 x 7,7 cm
Déplié : 20,8 x 10,6 cm
XXe s. |
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à
g :
Tige ronde à anneaux coaxiaux, mèche
à axe central plein, base de la cloche garnie de plastic, avec poignée-décapsuleur
- sans marque, 17,7 x 6,3
à
d :
Tige ronde à anneaux
coaxiaux, mèche en vis d'Archimède, avec poignée-décapsuleur
- sans marque - 21,5 x 8 cm |
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J - système
à leviers composés en accordéon ou en zig-zag
Système du brevet de Arthur Marshall Wier, 1884.
à
g :
Poignée
en ailes de papillon - fer nickelé - étiré
22,3 x 8,3 cm - replié 13,8 x 6,5 xm - XXe s.
à d :
Poignée repliable - modèle français, marqué
sur les 2 faces "PERFECT BREVETE S.G.D.G" [SGDG = sans
garantie du gouvernement] - fer nickelé - étiré 22 x
7,2 xm - replié 9,5 x 14,2 cm - XXe s. |
3- Tire-bouchons
de poche
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A - pliants
Appelés
tire-bouchon en harpe
Mèche à axe
central plein - fer
à g :
déplié 11,8 x 5,3 cm
replié 6,9 x 5,3 cm
à
d :
déplié 11,6 x 5,9 cm
replié 7,9 x 5,9 cm |
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B - démontables
à
g : A
poignée-écrin en barillet, d'après le modèle
breveté par Lund en 1855 - 3 parties - le fut de mèche à axe central plein s'emboite dans l'encoche
visible sur la partie gauche de la poignée écrin
- sans marque - métal - déplié 8,8 x 1,8
cm - replié 1,8 x 8,3 cm
à d : 2 parties - fût avec pas de vis pour
fixer le manchon protecteur - celui-ci, dévissé,
s'insère jusqu'à la butée dans le fut pour
former la poignée - mèche en queue de cochon -
sans marque
Bois et métal - ouvert 8,4 x 12,3 cm - fermé 2,2
x 12,3 cm |
4 - Tire-bouchons
de comptoir
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Dès le milieu du XIXe s.,
il s'avère nécessaire d'inventer un tire-bouchon
facilitant la vie du personnel des cafés, bars, brasseries
- de plus en plus fréquentés -, évitant
de se blesser, offrant une plus grande rapidité d'extraction,
empêchant les éclaboussures et qui puisse aisément
être manipulé par un jeune garçon ou une
femme.
Le tire-bouchon "de comptoir", fixé sur le mur
ou au comptoir par une vis de pression, répond à
ces exigences. On adapte la bouteille à l'appareil, à
l'inverse de ce qu'on fait avec un tire-bouchon ordinaire. Il
en existe des dizaines de modèles.
Décoré
de feuilles de vigne, marqué "HEKTOR 2"
Bois et métal |
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5 - Tire-bouchons
publicitaires
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à
g :
Marqué "FRYNS_ HASSELT" ( fabrique de genièvre)
- Bois et métal - 9,2 x 8,2 cm
à
d :
Marqué "PICON" (apéritif) fer nickelé
- 9,3 x 5,2 cm |
6 - Tire-bouchons
associés à un couteau
Le couteau pliant fut inventé
dès l'Antiquité ; à partir du XVIIIe s.,
devenu populaire au point de remplacer presque complètement
le couteau fixe hors de la maison, il s'enrichit d'autres accessoires
(coupe-cigare, chausse-pied, poinçon, etc) fixés
aux extrémités du corps du couteau par l'intermédiaire
d'axes, et du tire-bouchon, articulé au centre du corps
du couteau qui forme poignée.
Le peu de longueur de la tige rend souvent la prise en main difficile.
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en haut : Marqué "Laguiole France"
- ébonite et métal - corps 11,2 cm L, lame 8,2
cm L, fût utile 0,4 cm L, mèche 2,5 cm L - largeur
du couteau totalement replié 3,3 cm - XIXe s.
en bas : Mèche à filet hélicoïdal
cannelé, 2 lames dont une montée sur ressort, coupe-cigarillo
- marqué d'un côté "Liqueurs Cusenier",
de l'autre "Eclipse Champagne" - métal - corps
9,2 cm L, grande lame 3,8 cm L, petite lame courbe 2,2 cm L,
fût 1,2 cm L, mèche 4,3 cm L

Nous prions l'auteur(e) de ce canular qui circule dans d'innombrables
mails de bien vouloir se faire connaître pour que nous
puissions lui attribuer un crédit photographique. |
7 - Tire-bouchons
associés à d'autres instruments
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Décapsuleurs,
2 ouvre-boîtes dont l'un pour boîtes à sardines,
scie, perceur pour boîtes de lait
Marqué "E.L.E.M. LONGWY déposé France"
- métal - déplié 16,8 x 16 cm, replié
16,8 x 2,2 cm |
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Ciseaux à tout
faire avec décapsuleurs, ouvre-bouteille faisant aussi
casse-noix, ciseaux à pansements, 1 lame anti-glisse,
marteau, coupe fil de fer ou muselet, tenaille
Marqué "Recoso SOLINGEN" - métal - fermé
et replié 20,6 x 7 cm, déplié 24,3 cm L |
8 - Tire-bouchons
figuratifs
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Tire-bouchon simple
en T, mèche en queue de cochon
A l'effigie de Manneken Pis,
Marqué "Bruxelles"
Laiton
- 8,8 x 8 cm |
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Tire-bouchons
qui en sont sans en être :
A - Par défaut...
in http://www.septodont.com/produits/anesthesie/seringueauto/seringueauto.html
|
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Seringue auto-aspirante - Présentation
- La seringue peut aspirer à tout moment de l'injection
et peut être utilisée avec toutes les cartouches
et aiguilles standards.
Pour
l'aspiration sans tire-bouchon ni hameçon,
- Plus besoin de tire-bouchon, d'hameçon, ni de cartouches
spéciales. (...)
Réservé à l'usage professionnel en art dentaire.
Fabricant : SAGIMA .S.A.I.C.F.
Venezuela 4439 (1754) San Justo - Buenos aires - Argentine
Représentant Européen : J & D Black Ltd
Brighton road, Handcross - West Sussex - RH17 6BZ - England
DMAJ : 9.9.2002 |
B - Par francisation...
in www.lexique-jo.org/2004/lexique.cfm?theme=NATA1&rubrique=NATA
(lexique officiel pour les jeux olympiques d'Athènes en
2004)
|
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Natation - plongeon
: la figure "twist" est traduite par "tire-bouchon"
; on retrouve par moins de 62 figures reprenant le terme "tire-bouchon",
la plus alambiquée étant le
"plongeon
renversé périlleux et demi, avec double tire-bouchon
et demi"... |
L'inverse
du tire-bouchon :

La boucheuse (la bouchonneuse étant l'ouvrière
qui bouche les bouteilles)
Glossaire
|
bonde s.f. |
1- Trou rond par lequel on remplit
un tonneau, appelé aussi trou de bonde.
2- Le morceau de bois qui sert à boucher la bonde d'un
tonneau. On dit plus souvent bondon. retour
au texte |
|
liège s.m. |
Partie externe de l'écorce
du chêne-liège, lavée et séchée,
qui constitue un matériau sans goût ni odeur, élastique,
imputrescible et isolant. retour au texte |
|
pomelkophile s.m. |
du grec pwma qui
sert à boucher, elkein
tirer et pilos qui
aime = collectionneur de tire-bouchons.
Mais... l'usage n'a pas encore donné à ce terme
la primauté que lui disputent
- les hélixpomaphiles : du grec elix spire
d'une élice, pwma
qui sert à boucher
et pilos qui aime
- hélitapophiles et héliotapophiles (comme indiqué
dans un article de presse sur le collectionneur bruxellois Serge
Carion... Où est la faute de frappe ???)
- hélixophiles (qui seraient plutôt, paraît-il,
des collectionneurs d'escargots !) retour
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tire-balle s.m. |
Tige filetée destinée
à enlever la balle de plomb resté coincée
dans le canon d'un fusil. Cet outil était fourni avec
les armes à feu utilisées à partir des années
1630 (encore à l'heure actuelle avec les accessoires des
répliques d'armes à bourrer à poudre noire). |
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tire-bourre s.m. |
instrument destiné à
enlever le calepin placé entre la poudre et la balle. |
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à g. combinaison d'un tire-balle (tige
centrale) et d'un tire-bourre.
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N.B. Mathew Boulton exportait déjà, depuis 1765, des
tire-bouchons de sa fabrique de Birmingham vers la France. retour au texte |