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Ardoises : (voir toitures) les ardoises de toîts parisiens sont presque toujours des ardoises fines et rectangulaires disposées en rangées horizontales. Mais il existe quelques toîts avec de grandes ardoises en losange et certaines coupoles sont recouvertes
d'ardoises taillées en "écailles de poisson". Enfin, en cherchant bien, on découvre parfois des ardoises disposées pour créer un motif au milieu d'ardoises en ligne.
Ateliers d'artistes : le très grand nombre d'ateliers éclairés par de larges verrières (Paris est sans doute la ville au monde qui en compte le plus) témoigne de son rôle dans le monde
des arts au XIXème et dans la première moitié du XXème siècles.
(voir Itinéraires/ateliers d'artistes à Montparnasse et Autour du parc de Montsouris).
Autobus : avant la guerre, l'identification des lignes se faisait par des lettres, les chiffres étant réservés aux tramways; après la guerre et la suppression des tramways,
la numérotation des bus s'est articulée à partis des principales gares et de l'Hôtel de Ville et a commencé à 20 car les lignes de metro étaient déjà identifiées par des chiffres et il a paru sage d'éviter qu'un même numéro s'applique à une ligne de bus et à une ligne de metro. Si l'aménagement des trajets et les impératifs des plans de circulation ont perturbé cette logique, il n'en reste pas moins que:
- tous les 20 partent de la gare saint Lazare ou y marquent l'arrêt;
- tous les 30 partent de la gare de l'Est ou passent devant ( le 38 pousse aujourd'hui jusqu'à la gare du Nord mais avait autrefois la gare de l'Est pour terminus);
- tous les 40 arrivent à la gare du Nord (sauf le 47 qui s'arrête de nos jours à la gare de l'Est mais qui allait auparavant jusqu'à la gare du Nord) ou y ont un arrêt;
- tous les 70 partent de l'Hôtel de Ville ou y passent;
- tous les 90 arrivent à la gare Montparnasse sauf le 93 qui, venant de Suresnes, s'arrête aujourd'hui aux Invalides;
pour les autres dizaines, la logique originelle est moins évidente ou a été défaite par les modifications successives des lignes concernées:
- pour les 50, seuls le 52 et le 53 ont un point commun: l'Opéra alors qu'ils passaient tous par République;
- pour les 60, le 61, le 63 et le 65 passent passent par la gare de Lyon alors qu'à l'origine les 60 désignaient les lignes partant de la gare d'Austerlitz ou les lignes de rocade (même si le 68 place de Clichy/Châtillon-Montrouge peut difficilement passer pour une rocade!);
-quant aux 80, seule dizaine complète, il semble qu'ils regroupent les lignes qui n'ont aucun point commun alors qu'autrefois ils passaient tous par Luxembourg ou les Gobelins.
Avenues ou boulevards : les termes d'avenue et de boulevard sont réservés à des voies larges, souvent arborées. Les avenues désignent plutôt les percées
qui relient deux points (avenue de l'Opéra entre l'Opéra et le Palais Royal) ou qui rayonnent à partir d'une place.
Signifiant rempart en néerlandais du XVème siècle, le qualificatif de boulevard est généralement réservé aux voies qui, en s'enchaînant, forment une ceinture: le boulevard périphérique, les boulevard des Maréchaux, les Grands Boulevards construits en cours planté à la place de l'enceinte de Charles V (boulevards de la Madeleine, des Italiens, Montmartre,
Poissonnière, de Bonne Nouvelle, saint Martin, du Temple et Beaumarchais sur la rive droite) ou projetés (boulevard des Invalides, du Montparnasse, de Port-Royal, de l'Hôpital et saint Marcel sur la rive gauche); c'est également le cas des chaussées suivant le tracé du mur des Fermiers Généraux: boulevards de Grenelle, Garibaldi, Pasteur, de Vaugirard, Edgar Quinet, Raspail, saint Jacques, Auguste Bianqui, Vincent Auriol, de Bercy, de Reuilly, de Picpus, de Charonne, de Ménilmontant,
de Belleville, de la Villette, de la Chapelle, de Rochechouart, de Clichy, des Batignolles, de Courcelles et avenues de Wagram et Kléber (cat toutes les voies partant de l'Arc de Triomphe sont des avenues et c'est cette logique qui l'a emporté). Mais comme en toute règle il y a des exceptions, la plus notable est celle de l'axe nord-sud constitué par les boulevards de Strasbourg, de Sébastopol, du Palais et saint Michel.
Balcons : il semblerait que ce soit un règlement de sécurité qui ait imposé les balcons courants aux deuxième et cinquième (parfois sixième) étages: en effet
au XIXème siècle, les échelles des pompiers, en bois et manoeuvrées à la force des bras, ne permettaient pas d'atteindre les derniers étages.
Bestiaire : l'inventaire du bestiaire parisien reste à faire mais a de quoi faire reculer les plus courageux tant les animaux sont présents dans l'architecture
et l'urbanisme; ne sont retenus sur ce site que quelques représentations sur les façades des immeubles: au-dessus ou autour des portes, en support des balcons, en frise dans les étages supérieurs. A première vue, ce sont les lions qui dominent, sans doute pour affirmer la puissance et le statut social des occupants, suivis par les béliers (animaux sacrificiels, symboles de force et de fertilité) et par les oiseaux dont la symbolique est plus complexe: nourissant des oisillons
ou associés à un nid, ils représentent la famille; les hibous (ou les chouettes) renvoient à Athena, déesse de la sagesse, mais aussi aux alchimistes et aux sorciers; le coq est l'un des symboles de la République mais que penser des canards, des cigognes, des perroquets et des paons?
Curieusement, les chiens, animaux domestiques par excellence, sont très peu représentés et les chats pas beaucoup plus. Autre surprise: les animaux se sont pas toujours ceux que l'on préfère: araignées, chauve-souris, pieuvres, serpents, requins, crocodiles... A tous ces animaux bien réels, même si certains étaient
très exotiques lors de la constructiones immeubles sur lesquels ils figurent, s'ajoute un bestiaire fantastique fait de dragons, sphinx, sirènes et autres griffons.
Boutiques : nombre de boulangeries ont encore aujourd'hui gardé un décor datant parfois de plus d'un siècle, voire d'un siècle et demi, et fait de toiles peintes sous verre alternant textes et motifs; le fait que nombre d'entre elles soient toujours
en activité a sans doute facilité cette conservation. Mais d'autres boutiques ont été préservées, même lorsqu'elles ont changé d'activité, et notamment les boucheries, facilement reconnaissables aux grilles des devantures (voir dans les galeries la rubrique Boutiques).
Casse de grès : pendant une brève période(les
années trente), quelques architectes ont eu recours aux casses de carreaux de grès cérame ou de faïence pour couvrir les façades en béton: rue Degas, quai Louis Blériot, rond-point du pont Mirabeau, rue de Vaugirard, etc. Puis le procédé fut abandonné avant de réapparaître timidement dans les années 80 comme une variante des façades carrelées ou en mosaïque monochrome: rue Balard, rue Oilivier de Serres, etc.
(voir dans les galeries la rubrique Façades/façades céramique).
Couleur(s) : avec les immeubles en brique
(qui ne sont pas l'essentiel des constructions), les boutiques constituent l'un des principaux élément de la couleur parisienne; Paris est en effet une ville plutôt monochrome, presque monotone, et claire (hors la noirceur de la pollution, bien sûr): plâtre peint en blanc et pierre de taille, volets blancs (ou crème, exceptionnellement vert foncé) et ferronnerie noire des balcons et des portes vitrées; seules les portes en bois apportent un peu de couleur mais on est loin de Londres et
de Dublin. Il est vrai que les services municipaux veillent! Pourtant, si l'on y regarde de plus près, les rues sont plus colorées qu'on ne le croie, il est vrai parfois pour le pire mais aussi pour le meilleur.
De : avenue, boulevard, rue X ou avenue, boulevard, rue de X? Lorsque le nom est celui d'une ville d'un pays ou d'un lieu (rue de l'Abbaye, rue de Vaugirard) ou d'un
nom commun (passage de l'ancre, cour de l'ameublement) le "de" est de rigueur; de même lorsque le nom est précédé d'un titre ou d'un grade (avenue du général Leclerc); au contraire lorsque le nom est celui d'une personne, le "de" doit être omis. Mais...
Mais certains personnages portent des noms de lieu: rue de Montmorency.
Mais certains noms sont à particule et la république a du mal à gérer ce qu'elle prend pour un signe extérieur de noblesse puisque la particule n'est employée que lorsque le nom est précédé d'un titre, d'un grade, du prénom ou de monsieur, madame ou mademoiselle; on dit en effet François René de Chateaubriand mais Chateaubriand et non pas de Chateaubriand,
Musset et non pas de Musset, etc. Certaines voies parisiennes respectent la règle: rue Lamartine (Alphonse de Lamartine), rue La Bruyère (Jean de La Bruyère), avenue Montaigne (Michel de Montaigne), rue et square La Fontaine (Jean de La Fontaine), avenue Mac mahon (Patrice de Mac Mahon); et d'autres ignorent la règle: rue de Richelieu, rue de La Rochefoucauld, etc.
Mais il y a des exceptions à la règle parce que l'usage a prévalu (ou l'ignorance du préposé qui prépara la décision soumise au Conseil Municipal dont les membres étaient distraits ce jour-là): rue Montmartre alors que ce devrait être rue de Montmartre, sans parler de la rue de l'Alboni dans le 16ème arrondissement qui voisine avec le square Alboni!
Degrés (rue des) : la rue la plus courte de Paris mais aussi la rue où personne ne peut habiter puisqu'elle ne comporte aucun
numéro.
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Electricité : son développement conduit les architectes à modifier leurs plans en consacrant plus d'espace aux escaliers pour
y intégrer des ascenceurs
(voir plaques). En 1889, par une concession de dix-huit ans, la Ville de Paris confie à six sociétés la charge de créer et d'exploiter des réseaux de distribution
électrique. A l'époque, toutes les centrales sont au charbon et donc très polluantes; certaines sont construites en plein Paris ( place Clichy, quai de Jemmappes...) et d'autres en banlieue (Ivry, Levallois...) mais il faut alors transporter le courant haute tension jusqu'à des sous-stations qui le convertissent en basse tension (et en continu pour l'alimentation des tramways et du metro car la technologie des moteurs à courant alternatif est plus récente et parce
que les moteurs à courant continu présentent
des avantages par rapport à ceux à courant alternatif). En 1898, la Compagnie parisienne de métropolitain construit derrière son siège administratif quai de Bercy une centrale
pour son metro. Plus d'une vingtaine de ces centrales et sous- stations sont l'oeuvre de l'architecte Paul Friésé. (voir façades/immeubles industriels). Les réseaux de distribution de courant continu à l'usage du public sont progressivement abandonnés en France comme à l'étranger au profit du courant alternatif mais l'un des visiteurs et contributeurs de ce site (merci D.Z.) se
souvient de foyers anglais alimentés
en courant continu jusqu'à la fin des années cinquante. Pour la petite histoire de l'électricité, Edison défendait le courant continu tandis que son concurrent Westinghouse pronait l'alternatif.
Enceintes : la
première enceinte est celle de Philippe Auguste construite à la fin du XIIème
siècle et au début du XIIIème puis vient celle de Charles V terminée en 1383
sous Charles VI ; celle de Louis XIII est bâtie entre 1633 et 1636 et est
remplacée, un siècle et demi plus tard par le mur des Fermiers Généraux
(" ce mur murant Paris rend Paris murmurant " et " Pour augmenter son numéraire / Et raccourcir notre horizon, / La Ferme a jugé nécessaire / De mettre Paris en prison") achevé en 1787 qui
n’avait pas d’ objectif défensif mais fiscal (les marchandises rentrant dans la ville devaient payer des taxes)
et administratif puisqu’il marquait la limite de la ville jusqu’à
l’annexion des villages limitrophes en 1860. Ces villages se sont en effet
retrouvés « coincés » entre l’octroi parisien et l’enceinte fortifiée
de Thiers, construite entre 1841 et 1844 et appelée "les fortifs"; ces "fortifs" se situaient entre les boulevards des Maréchaux et ce qui n'était pas encore le "périph" et comptaient 94 bastions (le n°1 est encore visible au milieu de l'échangeur de Bercy) précédés d'un glacis. Paris était d'ailleurs la seule capitale européenne à être encore close de murs au XXème siècle. L'enceinte de Thiers
fut démolie entre 1919 et 1929 et les terrains libérés permirent la construction de logements sociaux qui mériteraient une étude. Dernière enceinte, celle du boulevard périphérique qui sépare
aujourd’hui Paris des communes avoisinantes tout aussi radicalement que les
murs de nos ancêtres.
Famille : à l'aube du XXème siècle, de nombreux immeubles sont ornés de sculptures
glorifiant la famille, avec presque toujours plusieurs enfants mais pas toujours le père.
Fenêtres : certaines façades présentent des encadrements
de
fenêtre maçonnés ; dans quelques cas, il s’agit de la volonté de
l’architecte d’animer la façade en évitant de la déséquilibrer ; mais dans
d’autres, c’est la conséquence d’une taxe instaurée par la loi du 4 Frimaire an
VII (24 novembre 1798) sur les portes et fenêtres et qui amena certains
contribuables, à murer une partie des
ouvertures pour diminuer la somme à payer. Par la suite, des bâtisseurs prévoyants
intégrèrent dans leurs plans l’emplacement de fenêtres à ouvrir au cas où la
taxe serait supprimée, ce qui fut fait en 1916 avec la réforme fiscale instaurant
l’impôt sur le revenu.
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Fontaines : leur fonction
première était d’offrir des points d’eau gratuits aux habitants et de leur
éviter d’aller jusqu’à la Seine , d’acheter l’eau aux porteurs d’eau qui
sillonnaient les rues ou de s’approvisionner aux puits creusés dans les cours
des habitations mais pollués pour la plupart ; elles servaient aussi à abreuver
les chevaux, très nombreux (plusieurs dizaines de milliers à la fin du XIXème
siècle) puisque tous les transports des personnes, des marchandises et des
matériaux se faisaient par traction hippomobile ; or les chevaux de trait
boivent entre quinze et soixante litres d’eau par jour. Les fontaines avaient
enfin un rôle politique en affirmant la position et l’intérêt pour le peuple de
celui qui les faisait construire. En parodiant le « panem et
circenses » cher aux Romains, on pouvait dire « de l’eau et de la
munificence ». Depuis la généralisation de l’eau courante, les fontaines
n’ont plus qu’un rôle esthétique.
Fumier : aujourd’hui, on se plaint à juste titre de la
pollution canine qui fait de Paris l’une des plus sales métropoles
occidentales ; mais qu’aurait-on dit de la pollution chevaline à la fin du
XIXème ? Il suffit d’imaginer le volume et le poids de fumier quotidien
produit par quelque cinquante mille chevaux sillonnant les rues (quinze mille
pour les seuls omnibus et tramways) et de se souvenir que ce fumier était le
principal vecteur du tétanos; et on peut y ajouter près de dix mille vaches (la dernière vacherie, située rue Fondary dans le quinzième arrondissement, ferma ses portes en 1953!); et que dire de l’odeur par temps
chaud ! à laquelle s’ajoutait celle des fosses d’aisance puisqu’à l'époque
tous les immeubles n’étaient pas raccordés aux égouts.
Garde-corps : les garde-corps métalliques, en fonte ou en fer forgé, jouent un rôle important dans l'animation des façades et les architectes y ont
apporté beaucoup de soins. Deux écoles "s'affrontent". Dans la première, les motifs se
répètent à l'identique à tous les étages,
renforçant ainsi l'unité
de l'immeuble. Dans la seconde, les motifs différent, soit à chaque étage soit sur les derniers (cinquième, sixième, voire septième) avec un dessin simplifié pour marquer les différences sociales car autrefois, au contraire d'aujourd'hui, les étages supérieurs étaient moins recherchés, donc moins chers, ne serait-ce que parce que nombre d'immeubles étaient dépourvus d'ascenceurs. A de très rares exceptions, ces garde-corps métalliques sont toujours peints en noir.
Guillotine : au
XIXème siècle, les exécutions, qui
étaient publiques, eurent lieu d’abord place de l'Hôtel de Ville jusqu'en 1830 puis à
la barrière Saint Jacques et, à partir de 1850, devant la prison de la
Roquette jusqu’en 1899, date de sa démolition (on y voit encore cinq dalles en
granit sur lesquelles était placé
l’échafaud) ; de 1899 à 1939, elles étaient faites boulevard Arago devant
la prison de la Santé ; à partir de cette date et jusqu’à l’abolition
derrière les murs de la prison à l’abri des regards.
Guimard : si la Ratp a détruit sans vergogne nombre des
stations créées par Guimard, la ville de Lisbonne en a récupéré une pour la station Picoas.
Halls : aujourd’hui, la plupart des halls d’immeubles
parisiens sont rendus inaccessibles par les digicodes et autres
interphones ; raison de plus pour profiter de ceux que l’on peut voir au
travers de portes transparentes ou momentanément ouvertes car ils sont d’une
extrême richesse que l’on ne rencontre pratiquement pas ailleurs.
Immeubles industriels :
longtemps ignorée, voire méprisée,
l’architecture industrielle parisienne a payé un lourd tribut à la promotion
immobilière. (Voir Electrécité) .
Jean de LaFontaine : au moins deux
immeubles parisiens rendent hommage au fabuliste le plus connu des
Français : le 40 avenue Félix Faure dont le dessus de porte représente le
corbeau et le renard et le10 rue d’Assas dont la façade est ornée au quatrième étage de médaillons
avec le lion et le rat, le renard et la cigogne, le renard et les raisins, le
chêne et le roseau et une autre fable que le webmaster à sa grande honte n’a
pas pu identifier.
Kilomètre zéro : une
plaque sur le parvis de Notre-Dame marque le point à partir duquel sont
calculées les distances des routes reliant Paris au reste de la France ; à
l’approche de la capitale, les pancartes de certaines autoroutes font
d’ailleurs la différence entre Paris Notre-Dame et Paris boulevard
périphérique.
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Maréchaux (boulevards des) : des 26 maréchaux d'Empire, 18 ont donné leur nom aux boulevards de la Petite
Ceinture : Berthier, Bessières, Brune, Davout, Gouvion-Saint-Cyr, Jourdan, Kellermann, Lannes, Lefebvre (l'époux de Madame Sans-Gêne), Macdonald, Masséna, Mortier, Murat,
Ney, Poniatowsky, Sérurier,
Soult, Suchet, et Victor; les maréchaux Moncey et Oudinot se contentent d'une rue; la rue Pérignon semble honorer un conseiller général de la Seine et non pas le maréchal (à moins que ce ne soit le même); quant aux maréchaux Augereau, Bernadotte (qui devint Roi de Suède) et Marmont, ils n'ont droit à rien. Enfin, une partie du boulevard Victor a été rebaptisé boulevard du général Martial Valin, rompant ainsi la cohérence de l'ensemble. Lamentable!
Metro : que le metro n’ait pas toujours eu la configuration
qui est la sienne aujourd’hui, tout le monde le sait : prolongations vers
la banlieue, jonctions de lignes… Mais sait-on que certaines lignes ont été
radicalement transformées ? Ainsi, la ligne 10 Boulogne Porte d’Auteuil
Gare d’Austerlitz n’existait pas telle quelle en 1920: la section Porte
d’Auteuil La Motte Piquet existait et continuait vers l’Opéra via Ecole
Militaire, Latour-Maubourg, Invalides, Concorde et Madeleine (future portion de
la ligne 8 Balard-Charenton Ecoles) ; une portion de la future ligne 14
Invalides-Porte de Vanves était en construction mais à Duroc, au lieu de
poursuivre vers Montparnasse en venant des Invalides, elle obliquait vers Vaneau, boulevard Raspail (Sèvres-Babylone),
Croix-Rouge et Saint Germain-des-Près.
Numéros 13 : à l’exemple de beaucoup de chambres d’hôtel, certaines voies n’ont pas de n°13 (le
plus souvent remplacé par un n°11bis), ni même parfois de n°113. Sans doute les
promoteurs de l’époque craignaient-ils de faire fuir les acheteurs. Parmi
celles-ci : boulevard du Palais, rue Blomet, rue des Ursulines, avenue
Elysée Reclus, rue Rousselet, rue Chasseloup Laubat, rue Louis Morard, rue N-D
des Champs (113) et bien d’autres sans doute. Enfin, certains immeubles comme celui de la rue Hégésippe Moreau, ont été renumérotés pour faire disparaître le chiffre "maléfique"!
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Numéros lumineux : le numéro de
quelques immeubles est inscrit non pas sur une plaque mais en découpe sur deux
des trois faces d’une lanterne triangulaire qui abritait un bec de gaz ou une
ampoule électrique et placée au-dessus de la porte mais il y a bien longtemps
que ces numéros lumineux (qui étaient obligatoires à la fin du XIXème siècle) ne fonctionnent plus. Dommage. Dans les années
soixante, la Ville avait commencé d’installer une numérotation lumineuse sur
les réverbères mais n’a pas persévéré.
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Numérotation des rues :
le principe de répartir les numéros d’une rue en côté
pair et côté impair n’est pas universel. Ainsi, à Venise, il s’agit d’un
véritable fil d’Ariane puisque les numéros se suivent en une seule série
ininterrompue et dans l’ordre naturel des nombres au travers de chacun des six
quartiers ; l’adresse postale est constituée du nom du quartier et du
numéro, le nom de la rue est sans importance pour qu’une lettre arrive mais un
piéton qui n’aurait pas le nom de la rue serait condamné à une longue marche. A
Londres, dans certaines rues, numéros pairs et impairs se suivent dans leur
ordre naturel sur le même côté alors que dans d’autres rues, les numéros sont
alternés comme à Paris ; même chose à Berlin où la numérotation « en
épingle à cheveux » semble la plus commune : les numéros pairs et
impairs se suivent sur le même trottoir et, à la fin de la voie, changent de
côté pour revenir de sorte que le dernier numéro fait face au n°1. Dans beaucoup de villes américaines, très étendues et dont les voies se croisent à angle droit, il suffit de supprimer les deux derniers chiffres d'un numéro pour connaître le bloc: ainsi le 2150 Roxckwell avenue à Cleveland se situe au-dessus de la 21ème rue (bloc compris entre la 21 et la 22ème rue), ce qui permet de
se repérer
très vite sur un plan. A Tokyo, il n’y a tout simplement pas de
numérotation des bâtiments : déroutant pour les occidentaux, mais les
Japonais semblent s’en accommoder.
A Paris, les voies parallèles à la Seine
commencent à l’est et finissent à l’ouest, côtés pairs à droite (vers le nord)
et impairs à gauche (vers le sud) ; les voies perpendiculaires commencent
à la Seine, côtés pairs à droite (vers l’est sur la rive droite et vers l’ouest
sur la rive gauche) et côtés impairs à gauche (vers l’ouest sur la rive droite
et vers l’est sur la rive gauche). C’est la raison pour laquelle les quais rive
gauche n’ont que des numéros impairs et ceux de la rive droite que des numéros
pairs. L'île de la Cité est numérotée comme la rive gauche (bien qu'elle soit rattachée à la rive droite par le 1er et le 4ème arrondissements dont elle relève) tandis que l'île saint Louis (elle aussi rattachée à la rive d droite puisqu'elle fait partie du 4ème arrondissement) est numérotée comme la rive droite! Mais il y a plus étrange: dans le 18ème, le n° 10 de la rue du Baigneur est "présumé"! Quant
à la rue Dorian, dans le 12ème, qui prolonge l'avenue du même nom, sa numérotation a été inversée en contradiction avec la règle selon laquelle les voies perpendiculaires à la Seine commencent au plus près du fleuve et finissent au plus loin; elle était bien numérotée au départ, elle ne l'est plus! Mais l'Administration, comme le coeur, a ses raisons que la raison ne connait pas. L'avenue Dorian est restée numérotée comme il faut!
La rue de Rennes présente la
particularité de commencer au n°44 car son percement, qui devait aller jusqu’à
la Seine, s’est arrêté au boulevard Saint Germain.
Octroi : véritable
droit de douane intérieure, l’octroi était une taxe perçue par certaines
municipalités sur les marchandises destinées à la consommation locale ;
c’est pour lutter contre la fraude que fut construite l’enceinte des Fermiers
Généraux (chargés avant la Révolution de percevoir les impôts) avec les
bâtiments de Ledoux aux différentes portes (qu'on appelait des
« barrières ») ; l’enceinte fut démolie en 1860 lorsque l’octroi
fut repoussé sur l’enceinte de Thiers après l’annexion des communes entourant
Paris. Et jusqu'à la démolition des fortifs, Paris était une ville fermée puisque les portes étaient dotées de grilles comme on le voit sur deux cartes postales anciennes (la porte d'Allemagne est aujourd-hui la porte de Pantin). Et sait-on que l’octroi ne fut supprimé qu’en 1943 ? Quant au peintre Henri Rousseau dit le douanier Rousseau, il doit son surnom au fait qu'il était employé à l'octroi.
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Odeurs : les Parisiens modernes se plaignent de l’air mais qu’auraient-ils dit autrefois ?
odeurs de fumier, de fosses d’aisance, du chauffage au charbon et de sa dioxide
de soufre qui perdura jusque dans les années soixante, des locomotives à vapeur
aux alentours des gares et des nombreuses usines et industries, cela faisait beaucoup.
Ornements : dans l'architecture haussmannienne et post-haussmannienne, les ornements sur une façade n'ont pas seulement pour objet de "faire beau" (la simplicité
et le dépouillement y réussissent fort
bien). Ils ont aussi
un rôle économique
et social en affirmant
le statut social des occupants. Nombre de ces immeubles étaient en effet des immeubles de rapport destinés à la location et les appartements d'un immeuble orné (de cariatides par exemple) se louaient plus chers.
Pavés : c'est le roi Philippe II, plus connu sous le nom de Philippe Auguste, qui fit réaliser pour la première fois le pavage de quelques rues
parisiennes en 1186; il mit le coût des opérations des autres voies
à la charge des riverains
qui durent
manquer d'enthousiasme car
les travaux n'avancèrent guère. Pour accélérer les choses, Henri IV en 1605 décida que ce serait aux frais de l'Etat mais sous Louis XIII qui lui succéda la moitié des rues étaient toujours en terre. En 1865 apparurent les pavés en bois qui furent largement utilisés (ils furent abandonnés en 1938 mais
il en existait encore jusque après la
deuxième guerre mondiale) ; ces pavés en bois présentaient l’avantage
d’être relativement silencieux, notamment sous le pas des chevaux dont les fers
résonnaient fortement sur les pavés de pierre ; mais en cas de pluie, ils
étaient glissants et surtout peu hygiéniques puisque imprégnés notamment par
l’urine et le crottin des chevaux. C’est d’ailleurs au nom de l’hygiène et en
raison des chevaux que les rues étaient lavées tous les jours par les voitures
arroseuses municipales (que l’on retrouve dans un album de Babar) et cela
jusque dans les années cinquante. Dans les années trente eurent lieu des essais
de pavés métalliques goudronnés mais ces essais n’eurent pas de suite.
Bien que pratiquement
inusable et particulièrement esthétique, le pavage en pierre est devenu très
coûteux ; il a été progressivement abandonné pour des raisons politiques
après mai 68 (l’asphaltage rend le dépavage plus difficile et laisse des traces
sur les mains des manifestants) et d’environnement (les revêtements modernes
abaissent le niveau sonore de la circulation d’environ 15/20 décibels au contraire des pavés qui l'augmentent).
Plaques et inscriptions : à côté des plaques commémorant le souvenir de telle
ou telle personne, il existe bien d’autres inscriptions auxquelles on ne prête
plus attention comme " EAU à tous les étages" et qui sont
révélatrices, lorsqu’on les rapproche, de la transformation des conditions de
vie des Parisiens. Ainsi, cela commence par " EAU dans la maison ",
fait si exceptionnel qu’il méritait d’être signalé ; puis vient " EAU à tous les étages " suivi par
" EAU dans les appartements ", ce qui est mieux que le robinet sur le
palier, et cela finit par le raccordement au tout-à-l’égout. "GAZ à tous les étages" se voit souvent alors que "lumière électrique" ou "électrécité" est beaucoup plus rare, de même que "ascenceur".
Quand : quand certains ne savent ni lire un plan de Paris ni compter!
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Rois : Clovis est le seul roi mérovingien et Charlemagne le
seul carolingien à avoir une rue à Paris ; les autres rois de France ne
sont guère présents non plus: Philippe II (Philippe Auguste), Louis IX (saint Louis), Charles V,
François 1er, Henri IV, Louis XIII, Louis XVI (le square autour de
la chapelle expiatoire), Louis-Philippe et Napoléon III. Louis XIV a eu droit à une des plus belle place de Paris dont il ordonna la construction: la place Vendôme avec sa statue) mais n'a plus qu'une petite rue sans intérêt baptisée rue Louis le Grand; Louis XV a eu droit à
une place et une statue mais n’a retrouvé ni l’une (aujourd’hui place de la
Concorde) ni l’autre. Napoléon 1er, lui, n’a droit de cité que sous
son nom de Bonaparte ; mais il est
omniprésent par les évènements de son règne (Austerlitz, Tilsitt, Presbourg,
Iéna, Pont de Lodi, Pyramides et même Aboukir qui compte pour une victoire mais
deux défaites…) et par ses maréchaux qui ceinturent la ville.
Sept seulement sont statufiés sur
la voierie parisienne :Charlemagne sur le parvis de Notre-Dame, Philippe Auguste et saint Louis sur les colonnes à l'extrémité du cours de Vincennes, Henri IV
sur le Pont Neuf, Louis XIII place des Vosges, Louis XIV place des Victoires et
Napoléon 1er sur la colonne Vendôme.
Quant aux Présidents de nos
Républiques, ils sont nettement mieux traités et à peu près sûrs d’avoir une
plaque bleue à leur nom presque aussitôt enterrés, quel que soit le rôle qu’ils
ont joué dans l’Histoire de France ou dans celle de Paris : de Gaulle,
Pompidou et Mitterrand pour la Vème, Auriol et Coty qui ne faisaient rien
d’autre que d’inaugurer les chrysanthèmes pour la IVème ; Thiers (qui ne
fut que chef du pouvoir exécutif d’une IIIème pas encore proclamée, qui fit le
siège de la Commune et fut contraint de démissionner), Mac- Mahon, autre
démissionnaire, Sadi-Carnot qui fut assassiné, Casimir-Perier qui démissionna
lui aussi, Félix Faure (honoré d’une avenue, d’une place, d’une rue et d’une
station de métro ! pour être mort à l’Elysée en galante compagnie et que
tout le monde aurait oublié sans cela), Emile Loubet que tout le monde a
oublié, tout comme son successeur Armand Fallières, Raymond Poincaré et Paul
Doumer qui fut assassiné. Au total, les seuls laissés pour compte de la
géographie parisienne sont Jules Grévy qui démissionna à la suite du scandale
des décorations, Alexandre Millerand lui aussi démissionnaire et oublié, Paul
Deschanel que l’on fit démissionner au bout de sept mois pour troubles
mentaux ! et Albert Lebrun qui se
« retira » en juillet 40 après que Pétain se fût proclamé chef de
l’Etat français. A l'inverse, aucun n'est statufié à l'exception du général de Gaulle au bas des Champs-Elysées mais il s'agit moins du président de la République que du général descendant l'avenue le soir de la libération de la ville.
Signatures : c’est vers 1830/1840 que commence à être apposé sur
les façades le nom de l’architecte et/ou de l’entrepreneur le plus souvent
accompagné de la date de construction ; le cas échéant s’y ajoute le nom
du sculpteur ou du statuaire. La date
est parfois mise en valeur en s’inscrivant dans un cartouche. Sans jamais être
systématique, cette signature est très fréquente à partir de 1870. Certains
architectes vont même à utiliser une police de caractères en accord avec le
style de leur création. Plus ou moins tombée en désuétude après la Libération,
la pratique avait totalement disparu à partir des années soixante (les
architectes à cette époque ne se souciant pas de faire connaître leur nom à la
postérité) et réapparaît timidement dans les années 90. Parmi les plus anciens
immeubles datés et signés : le 110 rue de Richelieu (1840 par JJ
Navarre), le 30 rue Bonaparte (1846 par L.
Desrousseaux), le 18 rue de Liège (1846 par Mortier), le 27 rue Cassette (1847
par P. Jacot) et le 71 rue du Bac (1848 par Francis Ecquer) ainsi que le 12 rue
montmartre (1848 par G. Boye).
Toitures : métal
léger, bon marché et facile à travailler, le zinc représente entre les 2/3 et
les 3/4 des couvertures parisiennes ; il est souvent associé à l’ardoise,
matériau considéré comme noble (influence des châteaux ?), mais cher et
lourd qui implique des charpentes plus solides et donc plus chères. Dans le cas
de couvertures mixtes zinc/ardoises, c’est la partie la plus élevée, donc
la moins visible, qui est en zinc. Les couvertures en tuiles sont beaucoup plus
rares ; elles aussi sont parfois associées au zinc ou à l’ardoise.
Hormis quelques bâtiments officiels (l’Opéra,le palais de la Bourse, la salle de conférence de l’Unesco), les toitures en
cuivre, reconnaissables à leur couleur
verte due à l’oxydation, sont exceptionnelles pour les immeubles d’habitation
en raison de leur coût (96 rue Notre Dame des Champs). Enfin à partir du XXème
siècle, le béton fait son apparition.
Tramway : les premiers tramways parisiens (tirés par des
chevaux) datent de 1855 ; la traction mécanique apparaît en 1876 et la
traction électrique en 1900 tandis que la traction hippomobile perdure jusqu’en
1913. En 1925, au métro dont le réseau ne compte que onze lignes, et aux bus
qui en comptent une cinquantaine, s’ajoutent quelque cent lignes de
tramway. Celles-ci sont supprimées en 1937 à Paris et en 1938 en banlieue. Dans
bien des cas, les rails ont simplement été recouverts d’asphalte et
réapparaissent lors des travaux ; ainsi boulevard de Port Royal en 2005,
lors de la création des couloirs de bus en site propre.
Vigne : sûrement l'élément végétal le plus présent sur les façades parisiennes.
Volets : jusqu’à la Révolution, les volets, lorsqu’ils
existent, sont intérieurs. L’invention de volets extérieurs, en bois qui se
rabattent sur le mur ou en métal qui se replient sur l’ épaisseur du mur,
modifie considérablement la physionomie des façades et de la ville. A de rares
exceptions, ils sont toujours peints en blanc ou en beige.
Wallace : sir Richard Wallace, héritier d’une fortune
considérable vécut et mourut (1890) à Paris où il fit installer à ses frais une centaine de
fontaines d'eau potable portant son nom sur un modèle de Charles Lebourg (1872); ces fontaines furent d'autant plus appréciées des Parisiens qu'à l'époque la plupart des logements n'avaient pas l'eau, même non potable, et que les habitants devaient aller s'approvisionner aux fontaines ou acheter l'eau aux porteurs qui sillonaient la ville. Réalisées en
fonte, les fontaines font couler un filet d'eau en continu du dôme porté par quatre cariatides représentant la Simplicité, la Bonté, la Sobriété et la Charité. Par la suite, la ville mit au point un modèle simplifié de fontaine Wallace dont il reste un exemplaire place de Barcelone. Sir Richard Wallace avait également réuni une
exceptionnelle collection d’œuvres d’art, notamment de meubles français XVIII
ème et de porcelaines qu’il légua à la Grande Bretagne (et que l’on peut admirer
à Londres à la Wallace Collection. Ignoré à Paris, il a droit à un
boulevard à Neuilly et des copies de ses fontaines sur les "Remblas" de Barcelone.
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Yeux : (lever les) il faut en effet lever les yeux car c’est
souvent en hauteur que se trouvent les éléments décoratifs des immeubles. Mais il faut aussi les baisser, parfois au raz du sol. Bref, il faut surtout ouvrir les yeux.
Zinc : voir toitures.
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