L’établissement d’un récitatif nécessite un long travail exégétique pour retrouver dans le corpus des Ecritures le dynamisme et les structures de l’oralité mis en évidence par Marcel Jousse. Elle demande aussi un travail anthropologique pour trouver la justesse des gestes et leur sens pour le croyants d’aujourd’hui, du Quart-Monde ou pas, dans ce qu’ils ont de particulier, culturel ou bien d’universel. Certains gestes, théologiques, sont de l’ordre d’une interprétation et d’une codification ( par exemple pour la foi, faire le geste de s’appuyer sur du solide ou bien faire un geste d’accueil de cette même foi. La foi étant en même temps une grâce (don de Dieu) et une liberté (décision humaine.)
Le langage oral n’est pas parallèle au langage gestuel. La maison batie sur la pierre (Mt 7,24) qui n’est pas tombée est exprimée gestuellement pas des murs qui restent debout... Nous ne sommes pas dans un alphabet gestuel des sourds et muets mais dans le mimisme (joussien) c’est à dire le rejeu en soi des interactions du cosmos. Nous ne sommes pas dans une expression de la Parole de Dieu mais dans une impression dans l’ensemble de notre être.