Il est temps de mettre les
choses au point et de démystifier certains qui se prétendent alchimistes.
Quand on parle de spagirie, l´on doit savoir que ce mot désigne la manière
d´extraire et de rassembler les éléments contenus dans les plantes pour
en faire une panacée.
Pararacelse, créateur de ce mot, était entre
autre, spagiriste et faisait l´alchimie des plantes.
Quand un même personnage travaille les métaux à des fins médicales,
thérapeutiques et qu´il utilise le sel ou le soufre philosophiques et, comme
c´est le cas avec l´or potable, la teinture de l´or, il est alors alchimiste
et comme il a œuvré pour le bien de l´homme, il mérite le titre
d´adepte.
Contrairement à ceux qui se disent alchimistes, l´adepte n´est pas celui qui
accomplit le Grand-Œuvre.
Il exploite les vertus du sel, du soufre ou du mercure
pour soigner ses semblables et aider les pauvres gens.
Celui qui fabrique l´or
pour un monarque n´est pas digne du nom d´adepte.
C´est un " politique "
doublé d´un opportuniste, en un mot, un vil alchimiste qui souvent a pu se
procurer de la poudre de projection par vol ou d´autres moyens peu honorables.
Le Grand Œuvre est l´expérience décisive qui permet à celui
qui cherche de savoir enfin qui il est, de se révéler à lui-même.
Le but final de cette opération n´est pas l´or que l´on peut
fabriquer.
C´est une expérience doublée d´une épreuve.
Il y a ceux, qui se disent alchimistes et qui font partie de sociétés, de
confréries, condition nécessaire et suffisante pour se parer d´un nom
qu´ils ne méritent pas !
L´alchimiste n´appartient pas à un
groupe, à des sociétés déclarées : c´est un travail, un
cheminement, une épreuve solitaire et le savoir qu´elle confère à
celui qui œuvre se mérite.
Les travaux d´Hercule, la
quête du Graal et bien d´autres légendes illustrent assez bien cette expérience
humaine.
Il n´existe pas de syndicats d´alchimistes avec des statuts...
On assiste, à l´heure actuelle, à la prolifération de groupes
qui, ignorants de la materia prima, font choix de fiente, de tartre ou de sels d´écurie,
voire même sels de morts, pour répondre à leurs affinités,
à leurs goûts ou à leur rêve... La gamme est étendue,
certains préfèrent le cinabre ou la pyrite de fer.
Ce ne sont ni sulfures de
mercure ou de fer qu´il faut travailler, mais le mercure et le fer purs qu´il
faut utiliser !
Ces personnages, ce faisant, ne sont que des faiseurs de vent, d´où le nom de
souffleurs...