
Comme pour les autres éléments, on
a des données pour trouver sa composition soit dans la
mythologie, soit dans les symboles qui le représentent.
Il faut rappeler que le Soufre est représenté par un Roi rouge, et le Mercure
par une Reine blanche.
Notre Reine, figuration du symbole du mercure philosophique est l´Azoch des
Hébreux, le Midas des Grecs.
C´est l´eau qui ne mouille pas les mains,
le Mercure des Sages, la bénédiction des dieux.
Le mercure dont la composition n´a jamais été dévoilée est
tout un mystère à lui seul.

Un physicien contemporain connu, Ranque,
entrevoyait bien un processus de réalisation, mais vague, incertain.
Fulcanelli,
lui, donne des précisions quand il dit d´utiliser des métaux
présentant les mêmes affinités et non des métaux de couleurs
différentes et que le mercure représente la femelle et le blanc, alors que le
soufre représente le mâle et le rouge.
Le tableau planétaire des métaux blancs, nous l´avons vu, nous donne
comme métaux d´origine lunaire : Saturne, Diane, Jupiter et Mercure.
Dans la mythologie grecque Diane est Artémis, Jupiter = Zeus, Mercure =
Hermès et Saturne = Cronos
- Ajoutons à ceux-là,
la Terre, Ops = Aster qui désigne la terre blanche.
La lecture verticale des lettres initiales du haut en bas, donne :
| A R T E M I S |
| Z E U S |
| O P S |
| C R O N O S |
| H E R M E S |
AZOCH = Le Mercure Philosophique
Sceau de Salomon en Alchimie qui fait apparaître le
mercure androgyne comme lien entre tous les métaux.

L´autre carré donne :
| M E R C U R E |
| J U P I T E R |
| D I A N E |
| A S T E R |
| S A T U R N E |
MIDAS, le roi qui change tout ce qu´il touche en OR.
La dénomination du mercure philosophique apparaît dans le premier tableau et sa
signification dans l´autre. Qui ne connaît pas Midas, le roi de Phrygie,
personnage un peu niais qui demanda, pour exaucer un vœu, de transformer en or tout ce
qu´il toucherait ?
Le symbole n´est pas plus parlant.
L´apparition de la terre dans le tableau planétaire n´est pas nouvelle car
tous nos livres d´alchimie la représentent - et sous différentes formes
et aspects -
Elle figure toujours soit avec le symbole du triangle barré, soit
avec celui du globe.
Le signe de la terre est aussi celui de l´antimoine qui a été
appelé aussi :
ALGAR 0HS (oxychlorure d´antimoine) parce que
l´antimoine a les mêmes propriétés que le réalgar dont il se
rapproche chimiquement au point de les confondre.
Comme l´arsenic, c´est un vomitif puissant et beaucoup l´ont confondu avec
la " materia prima " comme Basile Valentin.
Ce sera le principal métal entrant dans la composition de notre mercure : son nom
ALGAR OHS, l´égal de KERMES,
d´HERMES, de Mercure le situe bien
dans le tableau des métaux blancs et avec la double nature du Mercure, ils feront
partie de sa composition.
Si beaucoup de souffleurs n´ont utilisé que l´antimoine, je ne pense pas
qu´ils aient perdu leur temps pour cela. Ce métal est à lui seul tout un
poème. Son affinité avec le réalgar n´est pas fortuite et nous
fait comprendre pourquoi l´un (le réalgar) est utilisé pour le soufre
et l´autre (l´antimoine) pour le mercure.
- Pour parler de l´Antimoine
Nous avons encore la mythologie :
Cronos, meurtrier de son
père Ouranos et à qui on avait prédit qu´il serait
détrôné par l´un de ses enfants, se hâta-t-il de
dévorer tous ceux que lui donnait la Titanide Rhéa qu´il avait pour
femme. C´est ainsi qu´il engendra et absorba successivement trois filles,
Hestia, Demeter et Hera, deux fils, Hadès et Poséidon.
Mais, lorsque le
plus jeune de ses enfants, le petit Zeus fut sur le point de naître, Rhéa
voulut lui éviter le sort de ses frères et, prenant une pierre, elle la langea,
lui donna l´aspect d´un nouveau-né et l´offrit à Cronos qui,
trompé par l´apparence, l´avala et Zeus fut sauvé.
A son tour, Zeus, par ruse, fit absorber une drogue à son père Cronos et
celui-ci restitua les enfants qu´il avait dévorés.
Qu´ajouter à cette légende ? Si ce n´est que de transposer les noms
: on a fait absorber à Cronos (Saturne = plomb) un métal de même apparence
que son fils Zeus (Jupiter = étain) et ce métal était de plus un
vomitif très puissant l´Agarhos appelé aussi pierre
d´ABADDIR
- Pour ce qui est de Midas
Comme vous le savez, il avait le pouvoir de transformer en or
tout ce qu´il touchait. Et la légende ajoute qu´il s´est
suicidé en buvant du sang de taureau. Tout comme notre mercure qui va mourir en
absorbant le soufre, le sang du Christ. A l´ère du taureau, le symbole du Dieu
est l´animal désigné. Rien n´a été omis, l´allusion
n´est pas plus nette et nous retrouvons les mêmes symboles décalés
par le temps.
Paracelse a voulu être très clair en son temps. Pour symboliser le mercure il
avait adopté le mot A Z O T H. Jouant sur l´alpha et l´omega des
Grecs, l´alep et le thau des hébreux, il avait transformé le mot
Azoch. en Azoth. Le C de Cronos changé en T, Thau,
symbole du savoir.
Ce même Thau autour duquel s´enroulent deux serpents, devient
le caducée des médecins qui ignorent souvent l´origine de leur
emblème.
Les adeptes du Grand Art, Basile Valentin et Fulcanelli sont très clairs, quand on
sait...
Seuls à ma connaissance le Physicien Ranque avait pratiquement deviné
sa composition par déduction, ainsi que Schwaeble bien que celui-ci ne
travaillât que les deux métaux seulement : le mercure en bichlorure et le
bismuth métallique. Il avait réussi, là encore, une transmutation.
Nous connaissons les métaux entrant
dans la composition du mercure philosophique :
5 éléments à travailler, mélanger après les avoir rendus
inoffensifs et actifs tout à la fois. On dit qu´on doit les retourner comme on
le fait d´un gant.
Le broyage de ces métaux doit être fait très minutieusement, on travaillera
d´abord le mercure à l´état de bichlorure (6 parts ) avec
l´antimoine (3 parts) et ajouter l´étain (1 part), le plomb (1 part),
l´argent (1 part).
Le travail du mercure demande certaines précautions
en raison de la nocivité du mélange : masque, gants protecteurs, plus une
cornue de porcelaine dont le haut se retire à volonté et auquel s´ajoute
à la sortie un récipient de passage, muni d´un échappement
(vase ou cornue) qui sera réfrigéré pour en condenser son distillat.
Les joints doivent être hermétiques.
On va chauffer progressivement jusqu´à l´apparition du mercure dans le
récipient de passage puis dans le récupérateur.
Quand tout le
mercure est passé, on chauffera jusqu´à 500° afin d´en faire
disparaître le reste, et l´on ouvrira la cornue : l´on trouvera dans la
partie haute des cristaux de couleur argent.
Ces premiers cristaux qu´il faudra
utiliser par la suite seront prélevés soigneusement.
Mais, pour recueillir
la totalité des cristaux, il faudra recommencer plusieurs fois l´opération
récupérer les résidus à l´intérieur de la cornue
que l´on pulvérisera avec le distillat, mélange auquel on ajoutera du
bichlorure de mercure (1 part), à chaque opération.
Une fois toutes les fleurs blanches recueillies, on les introduira dans un vase à long
col avec le distillat.

Pour la dernière opération : on mettra le mélange à évaporer
lentement au bain de sable en commençant par une température de 60°.
Chaque jour, on retournera le vase pour éviter l´épaississement et cela
pendant 20 jours, c´est-à-dire jusqu´à ce que l´on ait obtenu
une eau limpide à reflets métalliques qui brillera comme le mercure sortant de
la mine : c´est l´eau qui ne mouille pas les mains, l´eau pesante,
l´argent vif des Sages, c´est le dragon volant fait de métaux blancs.
Son signe est :

Ce mercure a perdu sa partie venimeuse, l´impur étant resté dans les
résidus.
La durée de l´opération est de 60 jours environ.
Il est actif sur les
chromes d´argent, son utilité est sans limite dans le domaine médical
pour réduire les maladies " chaudes ".
C´est la bête de glace de Cyrano comme le soufre était la bête de
Feu. Des deux, sortira, par l´intermédiaire du sel, le nouveau Roi de
l´ère du Verseau.
Vous avez, pour la première fois au monde,
la dénomination en clair des matières premières entrant dans le Grand
Œuvre, l´origine de leurs noms, et la clé pour déchiffrer les livres
d´Alchimie.
Vous connaissez aussi la façon de les obtenir, leurs
rôles dans l´Œuvre Magistrale.
N´oubliez pas que le Soufre, le Sel et
le Mercure sont la Trinité de la connaissance, le triangle flamboyant,
la figuration de Dieu.
Chaque élément a sa propre valeur divine et l´utilisation de chacun est
sans limites si l´on n´est pas aveugle.
Le but de cette
révélation est basé sur ce principe.
Le Grand Œuvre, sa réalisation, sera le thème d´un autre chapitre.
Acides et oxydes sont formés d´un élément électro
négatif, uni à un élément électropositif, par
l´attraction de leur électricité opposée.
Les sels provenant de la combinaison d´une base électropositive avec un
acide électronégatif.
Une solution convenablement étendue d´un sel métallique contiendrait tout
autre chose que ce sel.
Une solution étendue de sel marin, par exemple, ne contiendrait pas du tout le
chlore de sodium que nous connaissons.
Elle contiendrait des IONS CHLORE et des IONS SODIUM en liberté.
Ce chlore et ce sodium à l´état d´IONS diffèreraient
beaucoup des substances connues sous ce nom.
Puisque le sodium de nos laboratoires ne peut être introduit dans l´eau sans la
décomposer, la différence tiendrait à ce que, dans l´ion de chlore et
l´ion de sodium, les électricités sont séparées, alors
qu´elles sont neutralisées dans les substances connues sous les noms de
chlore et sodium.