Rechercher Dieu dans de vieux papiers, c´est faire
comme le chiffonnier qui trie les détritus.
Il faut oser rejeter tout ce qui vient de loin, tout ce qui est usagé,
éculé, hors d´usage : Alors la Vérité est proche, la
vraie Foi.
Savoir se dépouiller, s´amputer de ce que l´on a fait de
nous, c´est-à-dire de soi-même.
Quitter la carapace, l´armure des hommes d´armes, la robe du mandarin qui
protège, dissimule et travestit ce que nous sommes.
Pour se retrouver enfin
parfaitement nus, mobiles et forts.
Adhérer à une religion, à un dogme ancien au XXème
siècle, c´est l´accepter dans sa totalité philosophique et
historique et endosser tous les actes qu´elle a permis.
Comment peut-on trier l´ivraie pour ne conserver que le froment de religions qui ont
amené les fidèles à tuer et à massacrer au nom de Dieu ?
L´inquisition, l´intolérance, les guerres de religions, le bûcher
Montségur, le sac de Mexico, le sacré cœur de Jésus cousu
sur le burnous des soldats et Arnaud Almaric sont incrits dans leur trame, comme les
martyrs des premiers âges et les pères du désert.
Tout meurtre, toute violence justifiés au nom de Dieu est impensable.
Tout interdit est, de même, impensable.
A l´heure actuelle, quiconque cautionne ou valide ces mouvements, ces dogmes,
devient responsable de ce qui a été.
La cause à laquelle on devrait adhèrer actuellement est la cause première,
originelle, initiale, mais aussi une cause intermédiaire, car rien n´est figé.
Si l´on épouse une religion qui a usé de la force, de cruauté, de
mort, on est par là-même solidaire et responsable de ses meurtres et de sa
cruauté.
Au même titre, un néo-faciste à ce jour, est solidaire du fascisme du
IIIème Reich, des génocides, et se doit de les revendiquer.
Il en est de même pour les partis politiques, comme pour les mouvements religieux,
ils usent des mêmes armes.
Prendre conscience de ce que l´on représente, maintenant, est une
obligation : Il est trop facile et trop lâche de choisir, de trier, d´ignorer
le mal, en prétextant qu´il est d´un autre temps ! Que la mémoire
est effacée !
La corruption reste entière quand les excès ont contaminé le fruit.
Certains pensent aller à Dieu par des démarches diverses : contraintes
physiques, alimentaires, ascèse qui les affranchit du corps, pour libérer
l´esprit.
Les adeptes de la naturopathie, qui, pour se " réaliser ", pratiquent un
régime végétarien, sont des personnes à courte vue et
paradoxalement immorales .
Elles bannissent la viande de leur alimentation parce que
produit de mort, et se procurent dans les boutiques spécialisées, les produits
végétaux, naturels, biologiques et se nourrissent de bonne conscience,
grâce à un argent gagné par la vente de produits de morts : chars Amx,
mystères, centrales atomiques... Abattoirs pour le cheptel humain et autre qui ne
cessent pas de fonctionner.
Poussons le raisonnement jusqu´à l´absurde pour ceux,
" sensibles " qui ne sont pas convaincus .
Sans parler des manteaux de fourrures, il faudrait logiquement
renoncer aux sacs, chaussures, ceintures, aux vêtements de peau, mais aussi penser aux
légumes en pleine croissance qu´on arrache, aux salades que l´on cueille
.... Ou attendre le fruit qui tombe de l´arbre et qui se détache à
maturité.
Toute consommation, au sens large du terme, si elle fait disparaître la vie, animale
ou végétale est une tuerie.
Pourquoi différencier l´arbre que
l´on abat, du mouton que l´on égorge, la rose que l´on cueille de la
truite que l´on ébouillante ?
La nature, Mère-Nature, est ainsi faite que tout peut être mangé
quand cela s´avère nécessaire.
Un oiseau granivore devient
insectivore par nécessité.
L´homme, au cours de son histoire, a
goûté tout ce qui pouvait l´aider a survivre : Il a mangé la
hyène et bu son urine... Ne nous renions pas !
Il ne faut pas se leurrer, les céréales les plus anodines ont un relent de
viande pourrie, plus abject que le bas morceau dont se contente à sa cantine
un simple ouvrier.
Privilégiés par le climat, par notre niveau de vie, nous avons le luxe,
du choix.
Les Esquimaux ne pourraient-ils accéder à Dieu parce qu´ils ne mangeant
que du phoque ou de la baleine ?
Il est indéniable que l´essor démographique, avec l´essor des
sociétés industrielles a amené l´homme à une alimentation
essentiellement carnée.
Cela remonte à la nuit des temps - pour survivre.
Il faut savoir que l´on est complice, solidaire, de tout notre passé et que
l´homme du XXème siècle est responsable de
l´Humanité qui l´a précédé.
Comme le chrétien d´aujourd´hui doit rendre compte de l´Eglise et
de ses excès.
Croire se purifier, c´est limiter Dieu à sa personne, c´est le réduire
à nous, à notre image, à notre bonne santé, à notre bonne
conscience.
C´est à la fois puéril et grotesque : Dieu sait.
Ces fanatiques de leur corps sont plus condamnables que ceux qui connaissent le goût
de ce qu´ils mangent, de ce sacrifice quotidien, de cette communion.
Les pays où déferle un essor démographique incontrôlé,
où explosent les naissances, sont aussi des pays de pénurie et de famine.
Les morts s´allongent sur les trottoirs des avenues de Calcutta, attendant
d´être enlevés comme les immondices et les vaches sacrées,
faméliques, broutent paisiblement les légumes à l´étalage
du petit maraîcher.
D´un côté, famine, mort, misère, castes,...
De l´autre, les brahmanes, les temples, les sectes et les universités
religieuses.
De l´Inde, ce grand temple déserté par les dieux, affluent des
maîtres aux pieds d´argile, des gourous, qui se disent détenteurs
d´amour et de vérité et qui sont censés nous
révéler l´ultime sagesse...
La gymnastique intellectuelle et physique, les régimes alimentaires
prônés font fureur, mais pour les hommes que nous sommes, c´est
rechercher Dieu dans de vieux papiers, accommoder de vieilles recettes, faire œuvre de
chiffonnier.
SAVOIR CE QUE L´ON EST, EST LA VERITE
mais,
SAVOIR TOUT, ou alors N´ETRE RIEN.