
Les réactions, les transmutations ne sont pas
ignorées de nos savants qui, à Saclay, à l´aide de pile atomique,
changent le radium en plutonium et peuvent changer du plomb en or.
Pour parvenir à ces fins, l´énergie prodiguée est à la
fois phénoménale et dangereuse et le résultat obtenu dérisoire.
Il ne faut pas oublier que ce sont des centaines de milliards de francs lourds que nous
coûte l´énergie nucléaire - résultat d´une transmutation
- n´en déplaise à nos chercheurs du C.N.R.S.
L´Alchimiste, dans son laboratoire qui n´est souvent qu´une cuisine,
parvient aux mêmes résultats pour quelques billets de cent francs.
J´entends déjà le rire homérique que va déclencher cette
affirmation, par ailleurs vérifiable, et les dénégations méprisantes
des savants de service.
L´on va me rétorquer la rentabilité des centrales nucléaires, le
prix de revient du kw/h... que sais-je encore ?
Un peu de réflexion, quelques
calculs me permettent d´affirmer qu´en ce qui concerne cette énergie qui
défie toute concurrence, n´entrent pas en ligne de compte, l´énorme
investissement qu´a nécessité Pierrelatte et les budgets qu´absorbent
les centres de recherche fondamentale.
Tout est calculé comme si le plutonium
était gratuit et la recherche bénévole... Les impôts que nous
payons et dont une grande partie subventionne C.N.R.S. et C.E.A. et a permis la construction
de centrales et d´usines de traitement, sont à ajouter au prix de revient.
Ne nous leurrons pas ! L´électricité d´origine nucléaire
n´est qu´un sous-produit de la bombe, objectif premier, industrie
de destruction et de mort.
Si recherches et applications nucléaires étaient abandonnées, la
libération des capitaux pourrait absorber une grande partie du chômage et
l´énergie solaire que l´on condamne, parce que trop coûteuse,
reviendrait, quand même, deux ou trois fois moins cher au contribuable.
Poursuivons notre démonstration :
Si l´on essaie d´éteindre une bougie avec un canon de 320 mm, vous
pouvez être sûrs du résultat escompté ! Pour
être éteinte, la bougie le sera.
Projectile ? Souffle ? Eclats d´obus ? Gravats descendus du plafond ?
( on pouvait, plus simplement souffler dessus!).
Ce n´est, bien sûr,
qu´une hypothèse absurde, mais
l´énergie dépensée serait tellement énorme pour le
résultat obtenu, que l´on serait tenté de crier au fou...
C´est
pourtant ce que font nos savants qui manipulent l´atome.
Sans parler, et je me
répète volontairement, des déchets considérables qui commencent
à s´accumuler - car, avec cette science balbutiante, l´on gaspille
beaucoup de matière - et qu´on abandonne aux générations
à venir avec le soin de les neutraliser et de s´en défaire !
Il
n´y aura pas de Chevaliers de l´Apocalypse...
L´Alchimie n´est pas la recherche du néant, mais de la vie.
Aussi, ce n´est pas en détruisant que l´on peut espérer survivre,
mais en construisant, comme l´Univers l´a été.
Nous avons étudié précédemment les
matériaux qui entrent dans sa composition et révélé la
fabrication du soufre, du sel, du mercure alchimiques. Et la lente préparation de
chacun des corps nécessaires à l´opération finale est,
déjà, une initiation.
Ces éléments essentiels constituent
individuellement tout un monde, mais ouvrent, à eux trois les portes d´un autre
monde, comme ces éléments dispersés qu´il faut retrouver et
réunir pour avoir accès au trésor perdu.
Trinité philosophale,
ils symbolisent tout notre système planétaire ainsi que notre terre, sa
structure et sa vie.
Ils sont les trois principes de vie issus de Dieu et retracent par la
Voie rapide, la lente évolution de notre planète et des métaux
qu´elle contient.
L´homme est là pour regarder, constater et
attendre.
Le but final de l´opération alchimique est l´or.
Parce qu´il est un terminus et qu´on ne peut aller plus loin,
au-delà de lui.
La transmutation s´arrête là.
Lui succèdent le néant et la mort.
Aussi, est-ce avant cette étape finale qu´il faut chercher et trouver le salut
et l´espérance.
Ceux d´entre vous qui s´engagent sur la voie de l´or le peuvent. Mais je
les avertis qu´ils entreprennent un périple en tout point semblable à
celui de Saint Jacques de Compostelle.
S´ils parviennent à fabriquer de
l´or, après avoir compris le sens de leur démarche, après avoir
mûri tout au long des étapes pour parvenir au stade de l´Adepte,
bénis soient-ils.
Mais, si c´est l´appât de l´or, la
convoitise, la volonté de puissance qui les animent, la mort sera au rendez-vous,
tant physique que spirituelle.
Le pèlerin qui prenait le chemin de Compostelle, avec, pour tout bagage, le souhait,
le vœu que le Saint pouvait exaucer, devait, avant d´arriver à Saint-Jacques,
obtenir la guérison escomptée et achever son périple pour rendre
grâces.
Si rien ne se produisait le long de la route, le moribond de corps ou
d´esprit arrivait à Saint Jacques pour y mourir, n´ayant pas su trouver,
au fil des étapes, les puits, la source, qui jalonnent le trajet et dispensent la
vie...