Notre corps fait d´os, de chair, de sang est, comme
toute chose vivante sur Terre, issu d´un germe, produit d´une fécondation.
Quand il s´est acquitté de sa fonction : exister, ne subsiste qu´une
enveloppe, qu´une dépouille à laquelle les vivants, depuis le fond des
âges, ont voué un culte.
Mais, que devient ce corps privé de Vie,
cette forme ?
S´il n´est pas momifié ou réduit en cendres, le
cadavre se putréfie par une Loi Universelle, valable pour Tout et qui frappe, sans
exception, plantes et bêtes.
Le corps n´a, en fait, d´existence propre qu´en fonction de la Vie qui
l´anime.
D´instinct, il assume les fonctions qui sont nécessaires
à la Vie, à la reproduction.
Son évolution, depuis l´apparition des hominiens, a été
très lente, mais chaque race a su conserver les traits distinctifs qui la
caractérisent et que contiennent les gènes.
Il en est de même pour
les plantes et les animaux.
Chaque race, chaque espèce s´est
perpétuée au cours des âges, s´adaptant aux climats, aux nouvelles
conditions de vie que lui imposait la planète.
C´est une Loi, toute mécanique, qui régit l´existence des choses
et des êtres et rien n´existe que l´on ne voit et que l´on ne
touche.
On a pu opposer l´homme à la bête par le langage, ses pouvoirs
d´invention et de créativite, mais ce ne sont là que des manifestations
sensibles, rendues possibles par une " étincelle divine " qui a
touché l´homme, un jour.
L´Homme était dépositaire de
la Connaissance.
Comment est-elle apparue et comment l´a-t-il utilisée ?
Parce qu´il est issu de la bête, l´homme la porte en lui, fait corps avec
elle, prisonnier de cette enveloppe qui l´asservit, accapare ses pensées,
oriente son existence, pèse sur la politique et engendre les guerres.
Il a détourné à son profit une Connaissance dont il a oublié
et l´origine et la mission.
Maître du savoir humain, il veut régner
à l´égal du Dieu oublié dont il prétend être
l´image... L´homme de science tente de le débusquer, le recherche
à l´abri d´hypothèses, s´évertue à
vérifier sa présence ou son absence.
Rien n´est impossible à l´homme tant sa prétention est grande !
Il a pu réaliser des progrès extrêmes dans le domaine de la technique en
faisant sienne la formule E = M.C2, basée sur la matière, le
Déplacement et le Temps.
Pour ce faire, il a étalonné le Temps en
fonction de ce qu´il voit et croit être le plus rapide : la Lumière.
Toutes les inventions dont se glorifient les hommes du XXème siècle
ne sont que des prothèses à l´usage des infirmes que nous sommes.
Toutes les performances accomplies au cours de ces 20 dernières années
tentent de réaliser le vieux rêve de l´humanité et permettent
à l´homme de s´identifier au Superman des bandes dessinées,
doué de pouvoirs supra-terrestres, on n´ose pas dire divins, inchangé
au fil des ans, pour ne pas dire immortel.
L´œuvre accomplie, nous l´avons vu, a un double aspect.
Moderne JANUS, elle satisfait aux énormes besoins d´un présent
immédiat et précaire, mais elle a ignoré l´avenir qu´elle
condamne.
Terre inhabitable, épuisée, polluée.
L´homme
tue tout ce qui le gêne, détruit tout ce qui se dresse sur son chemin. Et,
finalement, à bout de ressources, se retourne contre lui-même, perfectionne
les techniques de guerre, sans respect des vies à venir.
Issu de la bête, vulnérable, fragile, parmi les bêtes, sa lente
évolution au cours des milliers d´années le remène à la
bête : le Cycle est bouclé et l´évolution le ramène au
néant.
Les techniques d´information les plus perfectionnées ne rendent pas
l´information plus objective. Tout semble fait pour susciter le goût du
scandale, le sadisme latent des lecteurs, des télespectateurs, qui se repaissent en
leur fors intérieur, de guerres lointaines, de la faim dans le monde, ou d´une
fusillade d´otages.
" Mens sana in corpore sano.." :
L´éducation physique, la gymnastique, en un mot le sport a cédé la
place à la compétition la plus acharnée pour canaliser la jeunesse,
l´essouffler et lui faire accepter, sinon oublier une société
déclinante, décadente.
Qui plus est, on se bat pour protester contre une décision d´arbitre, l´on
se tue comme à la guerre avec la même conviction et la même
indifférence.
Le "vulgum pecus" s´achemine opiniâtrement vers une structuration
complète. Société d´individus privés de nom,
numérotés, mis en carte et fichés en catégories..
L´homme va, conscient, vers cette mort apparente par faiblesse, par ignorance ou par
indifférence.
Pareil à la termite, il obéit, dès la naissance
à l´ordinateur son dieu, s´adonnera à la fonction qui lui est
impartie, fera des sacrifices à son égrégore, le dieu-monnaie de la
puissance matérielle.
Qu´a-t-il fait de la Connaissance divine ?
Il l´a oubliée au fil des âges, plus soucieux de son ambition, du
confort et du profit.