Si beaucoup de souffleurs n´ont utilisé que l´antimoine, je ne pense pas
qu´ils aient perdu leur temps pour cela. Ce métal est à lui seul tout un
poème. Son affinité avec le réalgar n´est pas fortuite et nous
fait comprendre pourquoi l´un (le réalgar) est utilisé pour le soufre
et l´autre (l´antimoine) pour le mercure.
- Pour parler de l´Antimoine
Nous avons encore la mythologie :
Cronos, meurtrier de son
père Ouranos et à qui on avait prédit qu´il serait
détrôné par l´un de ses enfants, se hâta-t-il de
dévorer tous ceux que lui donnait la Titanide Rhéa qu´il avait pour
femme. C´est ainsi qu´il engendra et absorba successivement trois filles,
Hestia, Demeter et Hera, deux fils, Hadès et Poséidon.
Mais, lorsque le
plus jeune de ses enfants, le petit Zeus fut sur le point de naître, Rhéa
voulut lui éviter le sort de ses frères et, prenant une pierre, elle la langea,
lui donna l´aspect d´un nouveau-né et l´offrit à Cronos qui,
trompé par l´apparence, l´avala et Zeus fut sauvé.
A son tour, Zeus, par ruse, fit absorber une drogue à son père Cronos et
celui-ci restitua les enfants qu´il avait dévorés.
Qu´ajouter à cette légende ? Si ce n´est que de transposer les noms
: on a fait absorber à Cronos (Saturne = plomb) un métal de même apparence
que son fils Zeus (Jupiter = étain) et ce métal était de plus un
vomitif très puissant l´Agarhos appelé aussi pierre
d´ABADDIR
- Pour ce qui est de Midas
Comme vous le savez, il avait le pouvoir de transformer en or
tout ce qu´il touchait. Et la légende ajoute qu´il s´est
suicidé en buvant du sang de taureau. Tout comme notre mercure qui va mourir en
absorbant le soufre, le sang du Christ. A l´ère du taureau, le symbole du Dieu
est l´animal désigné. Rien n´a été omis, l´allusion
n´est pas plus nette et nous retrouvons les mêmes symboles décalés
par le temps.
Paracelse a voulu être très clair en son temps. Pour symboliser le mercure il
avait adopté le mot A Z O T H. Jouant sur l´alpha et l´omega des
Grecs, l´alep et le thau des hébreux, il avait transformé le mot
Azoch. en Azoth. Le C de Chronos changé en T, Thau,
symbole du savoir.
Ce même Thau autour duquel s´enroulent deux serpents, devient
le caducée des médecins qui ignorent souvent l´origine de leur
emblème.
Les adeptes du Grand Art, Basile Valentin et Fulcanelli sont très clairs, quand on
sait...
Seuls à ma connaissance le Physicien Ranque avait pratiquement deviné
sa composition par déduction, ainsi que Schwaeble bien que celui-ci ne
travaillât que les deux métaux seulement : le mercure en bichlorure et le
bismuth métallique. Il avait réussi, là encore, une transmutation.
Nous connaissons les métaux entrant
dans la composition du mercure philosophique :
5 éléments à travailler, mélanger après les avoir rendus
inoffensifs et actifs tout à la fois. On dit qu´on doit les retourner comme on
le fait d´un gant.
Le broyage de ces métaux doit être fait très minutieusement, on travaillera
d´abord le mercure à l´état de bichlorure (6 parts ) avec
l´antimoine (3 parts) et ajouter l´étain (1 part), le plomb (1 part),
l´argent (1 part).
Le travail du mercure demande certaines précautions
en raison de la nocivité du mélange : masque, gants protecteurs, plus une
cornue de porcelaine dont le haut se retire à volonté et auquel s´ajoute
à la sortie un récipient de passage, muni d´un échappement
(vase ou cornue) qui sera réfrigéré pour en condenser son distillat.
Les joints doivent être hermétiques.
On va chauffer progressivement jusqu´à l´apparition du mercure dans le
récipient de passage puis dans le récupérateur.
Quand tout le
mercure est passé, on chauffera jusqu´à 500° afin d´en faire
disparaître le reste, et l´on ouvrira la cornue : l´on trouvera dans la
partie haute des cristaux de couleur argent.
Ces premiers cristaux qu´il faudra
utiliser par la suite seront prélevés soigneusement.
Mais, pour recueillir
la totalité des cristaux, il faudra recommencer plusieurs fois l´opération
récupérer les résidus à l´intérieur de la cornue
que l´on pulvérisera avec le distillat, mélange auquel on ajoutera du
bichlorure de mercure (1 part), à chaque opération.
Une fois toutes les fleurs blanches recueillies, on les introduira dans un vase à long
col avec le distillat.

Pour la dernière opération : on mettra le mélange à évaporer
lentement au bain de sable en commençant par une température de 60°.
Chaque jour, on retournera le vase pour éviter l´épaississement et cela
pendant 20 jours, c´est-à-dire jusqu´à ce que l´on ait obtenu
une eau limpide à reflets métalliques qui brillera comme le mercure sortant de
la mine : c´est l´eau qui ne mouille pas les mains, l´eau pesante,
l´argent vif des Sages, c´est le dragon volant fait de métaux blancs.
Son signe est :

Ce mercure a perdu sa partie venimeuse, l´impur étant resté dans les
résidus.
La durée de l´opération est de 60 jours environ.
Il est actif sur les
chromes d´argent, son utilité est sans limite dans le domaine médical
pour réduire les maladies " chaudes ".
C´est la bête de glace de Cyrano comme le soufre était la bête de
Feu. Des deux, sortira, par l´intermédiaire du sel, le nouveau Roi de
l´ère du Verseau.
Vous avez, pour la première fois au monde,
la dénomination en clair des matières premières entrant dans le Grand
Œuvre, l´origine de leurs noms, et la clé pour déchiffrer les livres
d´Alchimie.
Vous connaissez aussi la façon de les obtenir, leurs
rôles dans l´Œuvre Magistrale.
N´oubliez pas que le Soufre, le Sel et
le Mercure sont la Trinité de la connaissance, le triangle flamboyant,
la figuration de Dieu.
Chaque élément a sa propre valeur divine et l´utilisation de chacun est
sans limites si l´on n´est pas aveugle.
Le but de cette
révélation est basé sur ce principe.
Le Grand Œuvre, sa réalisation, sera le thème d´un autre chapitre.
Acides et oxydes sont formés d´un élément électro
négatif, uni à un élément électropositif, par
l´attraction de leur électricité opposée.
Les sels provenant de la combinaison d´une base électropositive avec un
acide électronégatif.
Une solution convenablement étendue d´un sel métallique contiendrait tout
autre chose que ce sel.
Une solution étendue de sel marin, par exemple, ne contiendrait pas du tout le
chlore de sodium que nous connaissons.
Elle contiendrait des IONS CHLORE et des IONS SODIUM en liberté.
Ce chlore et ce sodium à l´état d´ions diffèreraient
beaucoup des substances connues sous ce nom.
Puisque le sodium de nos laboratoires ne peut être introduit dans l´eau sans la
décomposer, la différence tiendrait à ce que, dans l´ion de chlore et
l´ion de sodium, les électricités sont séparées, alors
qu´elles sont neutralisées dans les substances connues sous les noms de
chlore et sodium.