Au commencement était le Verbe.
et le Verbe était avec Dieu
et le Verbe était Dieu... (Genèse.)
Tout l´Univers est en mouvement et il est la conséquence de ce mouvement.
Depuis les atomes jusqu´aux galaxies, tout n´est qu´énergie en
déplacement perpétuel.
La Vie est le produit du Mouvement.
Toute énergie en mouvement amène un verbe, tout déplacement engendre
une vibration.
- D´un côté, depuis le début de la
création, la musique des sphères, le chant des planètes en mouvement
engendre la vie.
- De l´autre côté, depuis l´apparition de la
conscience de l´homme, est apparue la parole, conséquence et outil du mouvement
de ses pensées.
Nous vivons dans un univers sonore, toutes nos activités engendrent des sons propres.
Ces sons, en retour, agissent sur notre cerveau.
- Sons harmonieux, non agressifs,
agréables, générateurs d´équilibre et de plaisir
ou
au contraire,
- Sons discordants, irritants, engendrant douleur et
déséquilibre.
Il en va de même pour la parole :
- parole d´amour ou parole de haine.
- parole sacrée ou parole profane.
- parole de joie ou parole de douleur.
- parole de vérité ou parole de tromperie.
Le monde animal obéit à cette même loi ; les bêtes communiquent
entre elles à l´aide de différents sons qu´accompagnent le plus
souvent différents mouvements.
Ces sons viennent se superposer à une
intention. L´intention, chez l´animal, est l´embryon d´une
pensée et son expression l´embryon d´un langage.
Les cris des bêtes correspondent à des besoins vitaux : chant d´amour,
cri d´alarme, cri de colère, cri de douleur.
Le verbe a été utilisé par l´bomme pour la communication et la
compréhension.
Sans le verbe, l´homme pensant n´existerait pas.
Les premiers rapports intelligents ont existé grâce à la parole, les
premières traditions ont été orales. Elles ont servi à
transmettre une résonance de cerveau à cerveau à travers le temps et
l´espace. Elles ont été le véhicule de l´éveil
humain.
Le verbe n´était pas utilisé, alors, comme peut le faire
aujourd´hui un intellectuel, qui restitue ce que d´autres ont pensé
pour lui, qui ne met rien de lui dans sa parole.
La parole avait du poids, de la sincérité, de la chaleur, de l´amour.
Elle réveillait ceux qui l´entendaient et témoignait de
la richesse de ceux qui la portaient.
Le verbe avait, alors, une fonction
primordiale ; on ne parlait pas pour ne rien dire.
Il a été le résultat de la première fonction intelligente du
cerveau en cherchant à reproduire un son et la mémoire correspondante.
C´est cette intention, cette pensée, cette mémoire qui ont
entraîné le son.
Toujours, les mêmes sons primordiaux correspondaient aux mêmes pensées, inchangés
par la succession des générations.
Il y a un fond commun originel derrière tous les langages, et même
aujourd´hui, ce souvenir du premier langage humain est inscrit au fond de nous
mêmes.
Il correspond à l´étape de la première
communication intelligente que l´homme a pu atteindre, et nous en portons la
mémoire dans notre inconscient comme une référence commune à
tous les langages actuels.
Le verbe est la conséquence d´un travail évolutif.
Le langage origine était très rudimentaire et n´exprimait qu´un
nombre très limité de pensées. D´ailleurs, à ce moment
là, le larynx de l´homme n´était capable que de prononcer deux ou
trois voyelles, le A, le O et peut-être le OU et quelques
consonnes, le R, le L, le M...
L´étude scientifique du squelette laryngé d´hommes
ayant vécu, il y a environ 30.000 ans nous révéle cette
information.
Au fur et à mesure que l´homme a fait travailler son cerveau et ses cordes
vocales avec ce langage originel, il est devenu capable d´exprimer de plus en plus de
choses. Au fil du temps, son intelligence s´est développée, ses
pensées se sont enrichies, son cerveau est devenu de plus en plus capable
d´abstraire, de comprendre, d´établir des rapports entre
différents événements.
En même temps que ses pensées s´affinaient, son cerveau évoluait,
son langage s´enrichissait et son larynx devenait capable de prononcer des voyelles et
des consonnes nouvelles.
Le langage a précédé l´écriture et l´écriture
a été la mise en forme du langage. L´évolution des langues et des
écritures témoigne de ce processus évolutif de l´être
humain.
Il y a près de six mille ans, les hébreux ont eu accès
à un alphabet de 22 lettres.
Aujourd´hui, notre alphabet a 26
lettres et, entre les deux, l´alphabet grec possédait 24 lettres.
A chacun, correspondait un langage, reflet d´une époque, d´un lieu,
d´un stade évolutif du mental humain.
Ainsi, le verbe de l´homme
s´est-il compliqué avec le temps, avec la progression de son intelligence.
Le nombre et la qualité des concepts que peut permettre un langage correspondant
à un alphabet de 26 lettres sont mathématiquement très
supérieurs à ce que permet un langage dont l´alphabet ne possède
que 22 ou 24 lettres.
Aussi, celui qui cherche la vérité à laquelle
il peut prétendre par l´évolution de son cerveau ne doit pas se tourner vers les langages ou les
écrits du passé. Il doit trouver cette vérité dans son langage
actuel et dans son habitat.