Celui qui utilise le verbe pour régner est un tricheur. Il lui faut asservir ou
séduire les autres pour croire qu´il existe. Son pouvoir est sa drogue, sa
justification.
C´est ainsi que la confiance s´est effacée.
La résonance de cerveau à cerveau qu´arrivait à susciter la
sincérité du tribun a disparu, remplacée par la méfiance, le
désintérêt.
On ne croit plus ces phraseurs, ces
professionnels de la duperie et de l´autosatisfaction.
Ces hommes
diplômés, aguerris à la dialectique, sont tellement enfermés dans
la vision valorisante qu´ils ont d´eux-mêmes, qu´ils ont toujours
bonne conscience, sûrs de leurs capacités alors qu´il n´y a que
faillite autour d´eux, mais jamais ils ne s´en sentent responsables.
C´est toujours de la faute des autres !.. Leurs diplômes, leurs belles paroles
sont lettres vides qui ne témoignent pas de l´intelligence.
L´homme intelligent s´attache à voir toutes ses responsabilités,
toutes ses erreurs, il ne se les cache pas.
Ce sont ses échecs, compris et
surmontés qui l´amènent à évoluer et à ne plus les
renouveler.
S´il se voit toujours beau et bien, s´il est toujours satisfait
de lui, il n´évolue pas. C´est l´insatisfaction de soi-même
qui amène l´intelligence, l´évolution.
Dans de nombreux pays, le monopole de l´information au profit du politique est le
reflet de cette non vérité que porte sa parole, de la contrainte qu´elle suscite. La
vérité s´impose par elle-même, par une logique, par une
sincérité et non par une magouille ou un artifice.
Le verbe du politicien
est colporté par ses valets, mais si ce colportage s´arrête, son pouvoir
s´arrête. Il ne conserve sa magie que par davantage de contraintes.
- Le verbe de l´homme politique enchaîne, conditionne celui qui s´y
soumet.
- Le verbe de l´éveilleur, de celui qui aime, libère celui qui
écoute.
Le MANTRA est le verbe inné que nous portons en nous, mais il doit être compris
dans son but profond pour qu´il y ait vibration complète.
Il corrrespond
à la mémoire de ce verbe original, à ces sons primordiaux qui
ont servi à l´éveil de notre intelligence.
L´utilisation des mantras à des fins de contrainte est une atteinte à la
liberté, à la vie et à l´évolution de l´esprit humain.
Si un individu subit un mantra, à son insu, on le traumatise,
on le soumet, on l´abaisse. C´est l´usage qu´en font les publicitaires,
et les mouvements qui rêvent de régner en maître sur notre cerveau.
Par contre, si le mantra est dit dans sa vérité totale, avec
compréhension par celui qui le prononce, il entrera en résonance avec tous
les êtres et il aura une puissance d´éveil incalculable, divine.
Cela a été la recherche des religions et des sectes, mais elles n´ont
oublié qu´une seule chose, c´est que la vérité et la
sincérité ne peuvent être contrefaites !
La vérité est
une et indivisible, elle est la vie, et le mantra sacré n´acquiert sa pleine
puissance que quand la compréhension qui l´anime est totale.
De même,
le mantra n´atteint sa résonance qu´en fonction de la voix de celui qui
le prononce.
La voix est unique, propre à chaque individu dont elle est un
reflet fidèle.
Inimitable, elle donne au mantra sa note juste.
C´est pour cela que les prêtres égyptiens étaient choisis en
fonction de leur voix. Mais, pour que la mantra ait son ampleur sacrée, il ne suffit
pas que la voix porte, elle témoigne par sa vibration de l´évolution
spirituelle de celui qui parle et de son aptitude naturelle à parler.
Celui qui
s´arroge le pouvoir du verbe sacré est un usurpateur, mais heureusement que
son pouvoir est limité du fait même de sa fourberie.
C´est
l´état d´esprit et la compréhension de celui qui le prononce qui
donne toute sa valeur au mantra.
En fait, aujourd´hui, l´homme a perdu l´esprit de la lettre. La
socialisation, le conditionnement, l´intellectualisme ont fait que le sens
profond des mots est oublié.
L´homme n´attache d´importance
qu´à l´aspect "véhicule utilitaire" du mot, simple
vêtement. Rechercher ce qui est contenu dans le mot, c´est en rechercher
l´âme, son sens sacré et vivant, l´écho et la
résonance qu´il provoque en nous en réveillant émotion et
mémoire.