La première écriture est un signe que l´on reconnait :
- la trace d´un oiseau, le pas d´un renard, l´empreinte d´une feuille, d´un coquillage sur l´argile.
La nature s´adresse à nous par de multiples indices.
Le Soleil est rond, la Lune pointue, la mer ondulée.... Pour créer
des liens avec les éléments l´homme a utilisé tous ces dessins.
C´est pour cela que l´origine de l´écriture se perd dans la nuit
des temps et c´est pour cela sans doute qu´elle est la seule invention que l´homme ne
revendiqua jamais.
Nombreuses sont les civilisations qui disent l´avoir obtenue des
Dieux eux-mêmes.
C´est cette notion, " écriture : don divin ", qui lui conféra un caractère
magique.
Magique, l´écriture l´est, dans le sens où elle est un merveilleux
intrument de compréhension et un moyen de transmettre des messages dans l´avenir.
Mais l´homme assez rapidement en a fait un piège.
Les informations ont été codifiées, structurées
enrichies d´interprétations diverses.
La signification des premiers messages a été peu à peu oubliée.
Les liens avec les éléments ont été coupés.
Le langage et l´écriture
ont alors évolué vers une structuration plus abstraite.
De ce fait, l´écriture des premières civilisations nous parait
mystérieuse, comme venue d´un autre monde.
Pourtant, tout au fond de
notre mémoire, nous avons la clé de cette connaissance.
Si un jour, notre conscience s´éveille, du plus profond des âges, ces
messages nous sembleront aussi clairs que la trace d´un pas sur le sable.
Le premier écrivain ne fut qu´un scripteur, celui qui consignait
scrupuleusement des paroles sans essayer de tirer des effets de l´écriture.
C´était le scribe de la vérité.
L´idéogramme
ou le hiéroglyphe ne permettait pas de tricher, le sens apparaissait
directement sous le symbole qui " parlait " de lui-même.
Mais,
l´écriture est restée le monopole d´une élite, les caractères sont
devenus mystérieux.
Les personnages qui détenaient la clé de ces codes ont été
considérés comme désignés par Dieu.
C´est ainsi que les dogmes ont pu s´élaborer.
Le mystère de la lettre tracée et déchiffrée par une
élite devenue orgueilleuse a contribué à maintenir le peuple dans une soumission
ignorante et craintive.
L´écriture a permis dès lors de perpétuer des mensonges
et de préserver indéfiniment des secrets.
La complexité du langage, la grammaire, la syntaxe, les synonymes et homonymes ont donné toute liberté
pour des interprétations diverses et contradictoires. C´est paradoxalement cette liberté
qui a permis d´établir des dogmes les plus contraignants.
Chacun se réclamant de la vérité !
Le sectarisme est apparu avec ses
excès.
La tolérance aurait pu permettre la cohabittion d´écoles
de pensées ou de croyances différentes mais l´orgueil et la volonté
d´imposer "sa vérité" ont soulevé les hommes les uns contre les
autres.
Si certaines religions ont pu affirmer leur prépondérance, ce n´est pas
par la justice de leurs commandements ni par la qualité de leurs représentants mais bien par le
biais des massacres systématiques de leurs contradicteurs en défendant jalousement
une connaissance. Ce savoir ne repose en fait que sur un abus de confiance !
La notion de mystère apparait, prête à justifier tous les illogismes et toutes les incompréhensions.
Le mystère est la trame même de toutes les religions et la garantie d´une
foi absolue.
Les théologiens le définisse comme une vérité inaccessible à la raison, que les fidèles
doivent croire sur le témoignage de dieu qui l´a révélé.
Toute recherche de vérification ne peut
être que maudite. Ce principe a permis la mise en place de la plus grande duperie de l´humanité.
Les mystères de la trinité, de la rédemption, des saints sacrements... ont sauvegardé
l´autorité des maîtres sur des esclaves consentants ! Les écrits dits " sacrés" n´ont été
que les instruments de cette volonté de domination.
Le mystère n´est sacré que si il
est définitivement obscur. La prépondérence de l´écrit sur la tradition orale et symbolique a renforcé
la mystification. Plus les signes perdaient leur signification réelle, plus ils étaient revêtus d´un sens magique.
Ainsi ont-ils été récupérés par certains dit " initiés "
qui en ont fait leur force et leur justification. La mise à nu des fondements des cultes ferait apparaitre qu´ils se sont approprié
des informations aussi anciennes que l´écriture communes à toutes les civilisations.
En fait, c´est l´assimilation lente et continue de tous les messages laissés par les hommes depuis le début
des temps qui fait la trame de l´évolution.
Les religions n´ont fait qu´occulter cette trame,
la rendre illisible en y incorporant des informations fausses, fabriquées de toutes pièces.
Pourtant, les signes, les symboles, les mythes qui ont traversé le temps n´ont de valeur que parce qu´un
jour ils révèleront leur message.
C´est une porte fermée dont on espère un jour
trouver la clé. Ce qui est merveilleux, c´est justement la recherche de cette clé.
Vouloir à toute force préserver des mystères inviolés, va à
l´encontre même de la création.
La nature nous donne tous les moyens de la comprendre. L´Univers
entier obéit à des lois logiques et vérifiables et l´homme a maintenant les clés de
toutes les portes du savoir.
L´écriture en est une puisqu´elle perpétue les sciences
et nous aide à transmettre nos expériences et nos compréhensions... Si l´orgueil n´intervient
pas pour tout fausser!
Comment trouver l´aboutissement d´un savoir, comment exalter une espérance dans l´ignorance et la
crédulité.
Le grand espoir de l´homme, c´est qu´un jour,
rien ne puisse rester caché..