Observant le Cycle divin, le Soleil devait accoucher de
onze Étoiles dont il serait le père et la mère pour former la famille
des douze Planètes.
La Naissance de la Terre eut donc lieu comme
prévue.
le, la goutte de magma en fusion, expulsée de la plaie
aussitôt refermée, traversa le cosmos, allongée, tourbillonnant sur
elle-même.
Elle continua sa course désordonnée dans le
système de Râ. Sa rotation sur elle-même lui donnait forme,
l´arrondissait, luisante, comme une boule de cristal rayonnant.
Petit à petit son éclat déclina, vira au rouge, devint terne, puis
noir. Alors elle se satellisa à l´astre qui l´avait conçue :
la Terre était née.
Ainsi que le veut la Loi du Cosmos, elle ne s´était
écartée du Soleil ni peu ni prou, maintenue à une distance
donnée en fonction de sa masse et de sa vitesse.
Elle prit place
d´elle-même, respectant la physique des cieux.
Comme elle, d´autres
planètes étaient déjà en place; comme elle, d´autres
planètes devaient compléter la figure.
De même que le nombre des
atomes gravitant autour d´un noyau définit un corps : vibration de
l´atome à l´échelle de l´infiniment petit, de même
les planètes gravitent autour du Soleil, vibration cosmique à
l´échelle des cieux.
Quand, dans l´Univers, Tout,
entraîné dans un mouvement harmonieux, vibrera avec ensemble, le système
solaire représentera pour Dieu un élément vital.
Accompagnèrent la Terre dans sa trajectoire, deux satellites aussi sphériques
qu´elle, issus d´elle.
Mère de deux Lunes, la Terre les avait
enfantées à son tour par son travail cosmique.
Elles tournaient autour
d´elle, car elles étaient prévues, indispensables à la vie,
électrons de la Terre.
Longtemps encore la Terre se convulsa, se rida, puis l´eau apparut avec les orages,
puis les gaz et enfin la Vie - vie primitive, cellulaire...
Bien plus tard, la Terre
parut enfin s´assoupir; la plus grosse Lune était si proche que l´on
aurait cru pouvoir la toucher.
Alors d´énormes animaux virent le jour, car
l´attraction des deux satellites, très forte, réduisait la pesanteur des
corps.
L´apparition de ces monstres n´avait rien de fortuit. Ils avaient un
rôle à jouer : piétiner, labourer la Terre, la fumer, la féconder,
la préparer enfin pour les êtres à venir.
L´Alchimie faisait
le reste, transformation, transmutation.
Puis, vint le jour où la grosse Lune quitta son orbite, frôla la Terre,
l´arrêtant quelques millièmes de seconde dans sa course, puis disparut du
système solaire, son travail étant terminé.
Les conséquences
de ce cataclysme furent effroyables : d´abord cloués au sol, tous les monstres
brusquement alourdis, incapables d´avancer, n´avaient plus la force de marcher,
de mastiquer l´herbe qu´ils avaient happée.
La circulation sanguine
ralentie, ils moururent comme foudroyés, debout, intacts, pour s´abîmer,
ensevelis, enlisés dans une terre secouée par le cataclysme et les
éléments déchaînés.
Ils disparurent tous.
L´arrêt momentané de la Terre, la fit basculer de son axe, et l´eau
couvrit tout, énorme vague déferlant sur la Terre.
Enfin, tout redevint
calme.
Seuls, avaient survécu quelques animaux aquatiques.
A présent, la Terre tournait autour de son nouvel axe, à la vitesse
prévue, avec un seul satellite, le plus petit.
La révolution de la Terre était de 362,76 jours par an.
Le satellite tournait autour de la Terre et accomplissait, au cours d´une
année, 12,36 lunaisons.
L´attraction exercée par ce satellite que l´on appela Lune était
moins forte et les êtres qui firent leur appantion furent plus petits, de taille
proportionnée à leur poids.
Les singes d´abord, puis les hominiens
foulèrent la planète au cours de la période appelée
éocène, étape décisive qui, par sa régularité et
stabilisation, devait permettre enfin au Dieu de la Terre de prendre corps.
Une végétation abondante permit aux animaux de se multipiier et aux hominiens
de vivre.
Vulnérables, proie désignée des bêtes
carnassières, ils servirent longtemps de pâture à celles-là.
Ils avaient pour gîtes les trous, les grottes. Comme les bêtes, instinctivement,
ils vécurent en groupe.
Anthropophages, mangeurs de hyènes, et de chacals,
ils furent de tous les animaux les plus immondes et les plus faibles.
Il est écrit dans la Bible : " Quand Adam eut goûté au fruit de la
connaissance, il se regarda et vit sa nudité, il se cacha.
Dieu lui demanda,
pourquoi il se cachait et Adaam répondit : Parce que je suis nu.
Dieu comprit qu´il avait goûté au fruit de la Connaissance et Adam fut
chassé du Paradis."
Pour un Alchimiste, pour un adepte, l´important est de savoir lire, toute parole,
toute phrase, toute anecdote à son endroit et son envers et l´envers vaut
l´endroit.
" Adam vit qu´il était nu et se cacha."
Quel peut être le sens de cette phrase ?
Adaam, alors, n´est qu´un morceau de cette glèbe qu´il foule, il
fait corps avec elle, ébauche, aveugle, tantôt gibier, tantôt chasseur.
Dans ce monde qu´il affronte et qu´il découvre, il n´avait pas pris
conscience de sa " nudité ", de sa pauvreté, de
l´extraordinaire misère des charognards qu´ils étaient, lui et sa
horde.
Il fallut " l´étincelle divine "pour qu´il vit ce
qu´il était, pour que se dévoilât sa condidition.
Ce
n´est donc pas une malédiction, mais une grâce qu´ADAAM
reçut, et la grâce suprême.
Seul sur Terre à être
touché par l´étincelle divine, il était l´unique
représentation de Dieu.
Principe Premier, IOD de la Terre.
" Au Commencement était le Verbe. "
Création par la Parole.
Il prit femme, parmi les hominiens et par la force des mots, il créa EVE.
IOD et EVE = I-EVE été né
SAT et URNE, anagramme de RUNE, était né de URNIFERE qui désigne VERSEAU.
C´était l´ère du VERSEAU.
La descendance d´Adam était assurée, les Hommes-Dieux.
Plus loin, la Bible énonce:
" Tu ne coucheras pas avec les bêtes; Si un homme ou une femme est pris en train
de s´accoupler avec une bête, l´homme et la bête seront mis à
mort. "
Que faut-il entendre par " bête "
Un bouc, un âne ? Non point, mais les hominiens, êtres primitifs non issu de
la descendance d´ADAAM.
Les " bés " de la Bible, ces êtres
primitifs non éclairés par DIEU, réduits encore à leur
état premier et qu´il fallait initier, auxquels il fallait communiquer la
connaissance pour leur permettre d´être des Hommes.
D´après la légende, Cronos-Saturne dévorait ses enfants pour
rester Dieu.
Les Hommes-Dieux, issus d´Adaam ont détrôné leur
père, se sont partagés ses pouvoirs et sa connaissance qu´ils ont
dispersés et réduits par leur multiplication désordonnée.
Oublieux de leur passé, ignorants de la tradition perdue, ils se sont donnés
de faux-Dieux, et ont divinisé leur propre égrégore.
Au fil des ères, de nouveaux Dieux créés à l´image de
l´homme vont apparaître, vénérés, adorés, complices
de ces mêmes hommes dont ils sont le reflet.
A l´ère du taureau, c´est le dieu Apis, puis vint Bacchus.
A l´ère da bélier, Pan, le chèvre-pied, le dieu cornu
défraya la chronique et provoqua l´énorme rire des hommes qui se
reconnaissaient en lui.
A l´ère des Poissons, ce fut Satan que l´homme s´était
donné, mais qu´il ne voulut pas reconnaître pour tel, effrayés par
l´image trop réelle qu´il leur renvoyait.
Tous les vices de l´humanité s´incarnaient en lui, on en fît le principe
du Mal et l´homme désavoua ce Dieu, son double pour le mettre aux Enfers.
Bouc émissaire docile, il endossa tous les méfaits qu´il était sencé
inspirer, il incarna la tentation qui nous habite.
Aux porches des cathédrales, dans l´ombre des pilliers, le Dieu cornu, aux pieds de
bouc, grimace un sourire de pierre à ses semblables, à ses frères qui
refusent de se reconnaître.
Dans une autre mythologie, nous retrouvons le même symbole : La religion
égyptienne évoque la mort du Dieu Osiris que tua Seth.
L´ayant découpé en morceaux, il éparpilla son corps aux quatre
vents et la Terre devint stérile.
Il faut donner à ce mot un sens spirituel, la Terre se couvrît de
récoltes, comme de par le passé - Seth est un dieu agraire - mais la
quête de la connaissance avait cessé.
La légende dit aussi, qu´Isis, mère des dieux, devant ce malheur qui
frappait les hommes, rechercha, un à un, les morceaux d´Osiris pour les
rassembler et redonner Vie au Dieu mort.
L´homme du XXème siècle, ignorant des mythes anciens,
oublieux de la Connaissance, ne cherche pas à rassembler les parcelles divines
éparses, pour adorer, en toute quiétude, son égrégore,
toujours la même en dépit des noms qui changent et des ères qui se
succèdent.
Saura-t-il, un jour, partir à la quête de ce qu´il a été,
rassembler les parcelles perdues et recréer son Vrai Dieu. ?
La Ronde du Temps


